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Covid-19: mort de l'Espace Schengen voire de l'Union européenne

L'espace Schengen comprend les territoires de 26 États européens — 22 États membres de l'Union Européenne et 4 États associés, membres de l'AELE, Association Européenne pour le Libre Echange

Ils avaient décidé de créer sous ce nom un espace unique en matière de voyages internationaux et de contrôles frontaliers. Le franchissement des frontières intérieures s'y effectue librement, sans passeport et sans contrôles.

Devant l'extension mondiale de l'épidémie à coronavirus, divers pays ont décidé de fermer leurs frontières nationales. Dans le meilleur des cas, ils y instaurent des contrôles sévères sur les voyageurs entrants.  Dans l'immédiat, Emmanuel Macron a annoncé la fermeture, dès le 17 mars, des frontières de l'Espace Schengen, en précisant qu'il s'agissait des frontières extérieures et non de celles entre les pays européens. Il y a lieu de penser que devant l'extension de l'épidémie, et dans l'esprit des consignes de confinement, la France devra à son tour fermer ses frontières intérieures.

Ces mesures seront présentées comme temporaires. Mais comme elles imposeront une réorganisation profonde des économies nationales, elles pourraient devenir durables. Certes, certaines entreprises à vocation européenne y perdront, mais un grand nombre d'autres se seront réorganisées pour mettre en œuvre des mesures de bon sens. Il s'agira par exemple de produire localement au lieu de faire appel à des importations coûteuses productrices de sous-emploi au niveau national, sans apporter de bénéfices sensibles.

La plus impactée devrait être l'Allemagne. L'essentiel de son activité repose sur l'exportation d'automobiles. Or avec un confinement qui se généralise progressivement au plan mondial, y compris aux Etats-Unis, la demande de véhicules personnels devrait se réduire considérablement. Ce ne sera pas le cas de la France, dont la production agricole et d'élevage sera plus nécessaire que jamais. Plus généralement l'Allemagne avait réussi à imposer à travers les contraintes de l'euro et de l'équilibre budgétaire européen dont elle est la grande bénéficiaire, un blocage général des capacités d'investissements dont disposeraient les Etats-membres.

Beaucoup pensent que ce confinement généralisé est le début d'une balkanisation de l'Europe, chaque Etat reprenant son indépendance au regard d'une Union Européenne (UE) n'imposant que des contraintes définies par ce que l'on nomme les technocrates de Bruxelles, sans aucune expérience des besoins des populations. Ceci sera renforcée par le fait que, dans la crise actuelle due au Covid 19, les institutions de l'UE, Parlement et Commission, n'ont rien fait pour soulager l'Italie.

Celle-ci supporte une crise majeure, dans l'indifférence de Bruxelles. Des mesures auraient pu être, sinon imposées, du moins proposées aux Etats pour qu'ils portent secours à l'Italie, notamment en y apportant les produits de première nécessité dont l'Italie du Nord est de plus en plus dépourvue. Par ailleurs, l'UE aurait pu demander à des marines nationales d'aider l'Italie à protéger ses côtes contre l'invasion des migrants parmi lesquels beaucoup de malades encombrent le réseau hospitalier italien déjà sursaturé. Or nul n'ignore que ces migrants sont dirigés vers l'Europe par la Turquie. Son président, Recep Erdogan, veut les utiliser comme moyen de pression sur les Européens afin d'obtenir d'eux divers avantages, sinon plus simplement se venger des Européens qui ont refusé son entrée dans l'UE.

Plus largement, la crise actuelle obligera les Etats européens à engager des dépenses considérables pour venir au secours d'entreprises nationales ne pouvant plus travailler du fait du confinement chez eux de beaucoup de leurs salariés, ou du fait de la baisse brutale de la demande les concernant. Des déficits budgétaires importants  s'accumuleront dans la plupart des Etats. Les gouvernements s'en accommoderont, faute d'autres solutions, mais ce sera la fin des contraintes budgétaires ou réglementaires imposées par Bruxelles.

Comme de plus en plus il apparaîtra que l'UE avait été dès conçue et imposée par les Etats-Unis comme moyen de contrer la Russie et non pour servir les avantages des Européens, il n'est pas exclu que la crise actuelle signe la déroute définitive de l'UE.

En ce sens, voir Valeurs actuelles
 
Coronavirus : les mots très durs du président serbe contre l'UE

18/03/2020
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