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La France doit-elle se doter de planeurs et de missiles hypersoniques ?

Rappelons que ceux-ci sont des engins se déplaçant à plusieurs fois la vitesse du son. Aucun des systèmes de défense anti-balistiques BMD actuels n'est capable de les arrêter.

Les missiles, et plus généralement, les aéronefs hypersoniques sont déjà nombreux dans le monde. Citons entre autres le planeur russe Avangard (Mach 20), le planeur hypersonique "Advanced Hypersonic Weapon" en développement par l'armée américaine (Mach 17), les missiles de défense antiaérien russe S-400 et S-600 (Mach 12), le missile russe Kinkal (Mach 10), le planeur chinois doté d'une charge nucléaire DF-ZF/Wu-14 (Mach10) On en trouvera une liste plus complète dans l'article de Wikipedia Hypersonique

Sur le principe, la France n'est pas en reste. Déjà, s'agissant de la dissuasion nucléaire, l'ASN4G, appelé à succéder au missile ASMP-A, sera « hypervéloce », c'est à dire hypersonique. Puis, en janvier 2019, la ministre des Armées, Florence Parly a annoncé le premier vol d'un démonstrateur de planeur hypersonique français en 2021. Mais un démonstrateur n'est pas une arme effective. Il faudrait en assurer la mise au point, le perfectionnement et le suivi, la fabrication et la mise à disposition des unités militaires adéquates.

Ceci paraît à la portée d'un pays comme la France. Celle-ci s'est dotée au fil des ans de systèmes d'armes défensives mais aussi offensives représentant une dépense budgétaire bien plus important. Citons environ 300 têtes nucléaires, quatre sous-marin nucléaires lanceurs d'engins SNLE et un porte-avions nucléaire qu'il va falloir remplacer sinon dupliquer dans la décennie prochaine. Avec les avions de combat Rafale, elle dispose d'une aviation militaire de qualité, sinon en quantité, égale voire supérieure à celles des Etats-Unis, de la Russie et de la Chine. Enfin elle entretient une armée de terre parfaitement opérationnelle, comme le montre la force Barkhane au Sahel.

On peut cependant se demander contre quels adversaires potentiels de tels missiles hypersoniques pourraient être utilisés. On répondra que la question se posait déjà à propos des armes françaises mentionnées ci-dessus. La France ne va pas les utiliser en première frappe contre la Russie ou la Chine, souvent (et à tort) présentées comme représentant une menace. Il faut rappeler à ce sujet que Charles de Gaulle, en décidant la création en 1960 d'une première bombe atomique française, avait choisi d'adopter une posture de dissuasion nucléaire indépendante des États-Unis.

Aujourd'hui encore, elle en appuie la crédibilité sur le
 principe de suffisance, également dit de dissuasion du faible au fort, selon lequel il suffit que les capacités nucléaires permettent de faire subir à un agresseur des dégâts équivalents aux dommages qu'il aurait infligés. Cette stratégie suppose toutefois que les forces nucléaires françaises ne soient pas vulnérables à une attaque surprise et conservent ainsi une capacité de riposte, dite de second frappe. C'est ce que permettent jusqu'à présent les SNLE de la marine française.

Un article récent de l'expert militaire américain Michael Brenner explique que les Russes, comme les Américains, n'investissent pas dans les armes hypersoniques en vue d'une guerre réciproque. Celle-ci aboutirait à une Destruction Mutuelle Assurée MAD. Ils le font essentiellement pour développer les technologies avancées qui sont nécessaires en ce domaine. Elles ne sont pas stratégiquement nécessaires, mais la démarche relève selon lui d'une nouvelle forme de guerre psychologique.

Nous pensons, en ce qui concerne la France, que les compétences permises par les armes hypersoniques méritent d'être financées. Mais, outre leur intérêt militaire, il conviendrait de les réutiliser avec quelques adaptations dans le programme spatial français, tant au sein du CNES que dans le cadre de l'Agence Spatiale Européenne ESA. Encore faudrait-il que le gouvernement et le Parlement en prennent conscience et sachent en persuader les contribuables français.

 

10/02/2020
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