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Boris Johnson est-il encore conservateur, sans pour autant devenir travailliste ?

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a indiqué le 17 décembre 2019 qu'il ne se rendra pas au forum économique mondial de Davos (fin janvier et n'y enverra aucun de ses ministres. Il a déclaré que sa priorité est « de répondre aux besoins des gens, pas le champagne avec les milliardaires».

Rappelons qu'il avait remporté une large victoire lors des élections au Parlement britannique avec 365 sièges sur 650, notamment grâce à un électorat populaire dans des zones qui votaient jusqu'alors pour les travaillistes. Mais son programme ne se borne pas à ignorer Davos. Le Premier ministre s'est engagé à réinvestir massivement dans les services publics, notamment dans le domaine de la santé, ainsi que dans les infrastructure, en particulier les liaisons ferroviaires complètement abandonnées par ses prédécesseurs au profit de l'automobile. Ainsi il vient de renflouer un transporteur aérien, la compagnie aérienne régionale Flube dont la faillite aurait laissé à l'abandon nombre de liaisons secondaires. Plus généralement, il affirme vouloir rééquilibrer les priorités en faveur des régions les plus déshéritées.

Manifestement, il désire s'ancrer à long terme dans les classes dites populaires, jusqu'ici complètement oubliées par les Travaillistes. Ceux-ci étaient de plus en plus favorables à l'ouverture des frontières et au libéralisme imposés par une Union Européenne dominée par les représentants du grand capital financier international. Sans exagérer, l'on pourrait dire à cet égard que Bruxelles est très largement devenu une succursale de Wall Strett. On observe d'ailleurs actuellement que les compagnies financières londoniennes de la City, très proches de leurs correspondants américains, déplacent dorénavant leurs sièges de la City vers Francfort et même Paris, dont le libéralisme et la volonté de rester proches des Américains rassurent. 

Boris Johnson paraît ainsi vouloir rompre avec cinquante ans de non-interventionnisme dans la vie économique et sociale. Il est d'ailleurs accusé de "trahir le Thatcherisme". Jusqu'où ira-t-il dans ce sens ? . Il est trop tôt pour le prévoir. Disons seulement qu'il montre aujourd'hui aux opinions européennes qu'il est très possible de sortir de l'Union sans se jeter automatiquement dans les bras de Donald Trump.

Note

On pourra relire à ce sujet notre article Boris Johnson renationalise, Macron privatise

05/02/2020
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