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Conférence de presse de Carlos Ghosn au 08/01

Excellente. Mais notre première réflexion est: honte à la France qui avait à son propos baissé indignement culotte devant le Japon.

On trouve ce soir dans la presse de nombreux compte-rendus de cette conférence. Ainsi Le Figaro ou Francetvinfo . Inutile d'y revenir ici. Il faut cependant selon nous les lire avec précautions car ce ne sont que des extraits et ils présentent, notamment dans les intitulés des intertitres, les propos de l'ex-président de Renault-Nissan avec ce que l'on nomme savamment un certain biais cognitif.

Celui-ci conduit le lecteur à penser qu'il doit prendre avec une excessive réserve les arguments présentés par Carlos Ghosn. Ce ne seraient que des arguments en défense évitant de poser la question de savoir s'il est objectivement ou non coupable, et s'il a eu ou non le tort de « fuir la justice japonaise » selon l'expression toujours employé par les médias.

Pour nous, Carlos Ghosn, et c'est tout à son honneur car il ne s'exprime pas en France mais au Liban, ce qui l'oblige à une nécessaire réserve, se refuse à reprocher à la France de l'avoir trahi. Il serait cependant en droit de le faire. Dès son arrestation, le Président de la république en personne aurait du exprimer les réserves les plus solennelles concernant les conditions et les motivations prétendus de cette arrestation.

Le prétexte qu'il avait donné à cette lâcheté est qu'il n'appartient pas à un gouvernement d'interférer dans l'exercice du pouvoir judiciaire par un autre pays. Mais ceci ne trompe personne. Emmanuel Macron avait de nombreuses possibilités, ne fut-ce que d'une façon couverte par le secret diplomatique, d'obtenir la libération immédiate de Carlos Ghosn. Il aurait du en tous cas exiger, si le procès de Ghosn devait être éventuellement fait, que ce soit devant un tribunal franco-japonais, et avec des procureurs et des avocats tant français que nippons.

Si le pouvoir japonais s'y était, comme probable, refusé, Emmanuel Macron pouvait faire arrêter, au prétexte de délits imaginaires commis par eux, un ou deux hommes d'affaires japonais opérant en France. Les deux ans minimum qu'aurait nécessité l'instruction de ces accusations auraient largement permis au gouvernement japonais de faire remettre Carlos Ghosn en liberté au lieu de le laisser croupir en prison 1)

On dira que Macron ne pouvait pas se comporter avec l'arbitraire d'un Vladimir Poutine dans un cas semblable. Mais il suffit de s'informer pour savoir que, sans être des dictateurs, Donald Trump ou même le Premier ministre britannique auraient fait de même.

Emmanuel Macron ou son gouvernement ne manqueront pas d'objecter que, s'ils s'était comportés avec autorité vis-à-vis du Japon, les si recherchés investissements japonais en France auraient pu quitter la France pour un autre pays de l'Union européenne. Mais vend-on l'honneur d'un grand pays comme la France pour quelques milliards de dollars ?

1) Il est vrai que la justice, au moins en France, n'aurait jamais accepté ce qui est évoqué ici à titre purement spéculatif. La Raison d'Etat, même si elle a pu inciter certains magistrats à l'accepter dans le passé, ne peut pas justifier le non respect de l'Etat de droit. Ceci dit, il aurait été facile de demander aux services spécialisés de fabriquer de faux dossiers prouvant la culpabilité des Japonais en question. La Justice aurait du s'incliner. 
 

08/01/2020
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