Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

Commence-t-on à évaluer  les conséquences économiques du réchauffement climatique ?

Les climatologues prévoient désormais que le réchauffement climatique pourrait atteindre 3 degrés ou plus d'ici la fin du siècle, alors que s'il dépassait 1,8 à 2 degrés il mettrait en danger beaucoup d'espèces vivantes et dans un premier temps les sociétés humaines sous leur forme actuelle.

Jusqu'à présent, aujourd'hui, ni les gouvernements, ni les grandes entreprises, en premier lieu dans le secteur des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) n'essayent d'évaluer sérieusement les conséquences de ces catastastrophes.

Cependant, certains investisseurs spéculatifs, ceux qui déterminent notamment le niveau d'activité des bourses mondiales, commencent à se rendre compte de ce qui les attend. C'est ainsi que Principles for Responsible Investment (PRI), un réseau international d'investisseurs représentant la somme considérable de plus de 85.000 milliards d'actifs boursiers a prévenu dans un communiqué du 21 novembre 2019 que le secteur des combustibles fossiles pourrait perdre un tiers de sa valeur actuelle, à mesure que les réserves de charbon, de pétrole et de gaz deviendront peu à peu des actifs bloqués, c'est-à-dire qu'ils perdront leur intérêt économique. Les pertes du secteur énergétique mondial pourraient  s'élever à 4.000 milliards de dollars entraînant une perte de 20.000 milliards pour l'ensemble des secteurs industriels.

Il est prévisible en effet que lorsque les gouvernements mondiaux se rendront compte de l'ampleur du réchauffement et des pertes que celui-ci entraînera, ils prendront dans l'urgence des mesures non coordonnées et souvent mal fondées en termes scientifiques ou économiques visant à assurer une transition vers des économies sans carbone. Celle-ci fera appel à des sources d'énergies dites alternatives, mais à l'horizon des 10 à 20 prochaines années, ces énergies ne paraissent pas capables en leur état actuel de satisfaire aux besoins. 

Par ailleurs, pour le moment, beaucoup de pays continuent à refuser l'énergie électronucléaire dite de fission telle qu'elle est produite actuellement en France, au prétexte des risques qu'elle comporte. Or, sauf en cas d'attentat majeur, l'exemple français montre en effet qu'elles ne sont pas plus risquées que d'autres activités industrielles, dès lors que les modalités de production font l'objet d'investissements suffisants. De plus, elles conduisent à l'énergie nucléaire de fusion, dont les risques seront très faibles.EUTERS / ALY SONG

L'effet du réchauffement est encore mal perçu.

Celui-ci ne se bornera pas à un effet direct sur le secteur des énergies fossiles. Il entraînera des conséquences beaucoup plus importantes, et encore mal étudiées, dans d'autres domaines. Ainsi, l'un des effet du changement climatique, la montée du niveau des océans, va entre autres frapper le marché immobilier le long des côtes. Les populations menacées abandonneront leurs résidences et activités actuelles pour se réfugier dans la hâte à des hauteurs plus élevées. Les investissements situés au bord des mers perdront toute valeur.

Si le niveau de la mer montait de deux mètres d'ici 2100, les pertes sur l'immobilier aux États-Unis pourraient s'élever à 900 milliards de dollars selon le rapport du think tank Center for American Progress. Le secteur immobilier ne vaudra plus qu'une fraction de ce qu'il valait autrefois.

Cependant, si les banques commencent à évaluer les conséquences du réchauffement sur un certain nombre d'activités bien suivies en bourse, elles sont incapables de mesurer les effets induits qu'il aura sur d'autres activités propres aux sociétés dites développées actuelles. Certains experts commencent à y réfléchir. Ainsi en est-il dans le domaine des activités agricoles et des cultures vivrières. Mais nul ne veut envisager les conséquences qu'il aura en terme d'émigration massive.

Si l'Afrique subit l'élévation de température prévue, elle tendra à se désertifier dans des régions actuellement très peuplées. L'Europe sera obligée d' « accueillir » des dizaines de millions, voire beaucoup plus, de réfugiés climatiques africains. Ceci entraînera une désorganisation complète des équilibres économiques européens. Malheureusement, il n'existe pas encore en Europe d'équivalent du Center for American Progress pour commencer à y réfléchir.

 

 

05/01/2020
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
A LIRE AUSSI
Les articles de la même rubrique et sur les mêmes thèmes
Aucun
Les articles de la même rubrique
Les articles sur les mêmes thèmes
Aucun
Europe Solidaire