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La Russie prend du retard dans le domaine spatial

Dans un article que vient de publier en russe Ria Novotsi l'ancien cosmonaute russe Guennady Padalka exprime des doutes sur la capacité actuelle de l'astronautique russe pour répondre aux nouveaux défis de la course à l'espace.

Guennady Padalka s'était rendu célèbre par un séjour continu de 437 jours sur la station Mir en 1998-99. Depuis, il a participé à plusieurs expéditions organisées par la Station spatiale internationale ISS. Il rend aujourd'hui d'importants services de consultant au bénéfice des autorités spatiales russes.

Dans cet article, il précise selon lui ce qui manque désormais à la Russie pour répondre à la compétition des autres puissances spatiales comme à celle d'entreprises privées tels que SpaceX d'Elon Musk. Il constate que depuis deux décennies, plusieurs maux affectent le secteur spatial russe.

Le premier est le retard dans les technologies. Ainsi le segment russe de l'ISS fait appel à des technologies datant des années 1980. Des modules prometteurs tels que le Nauka Multipurpose Laboratory Module ou le Science Power Module n'ont pas abouti, alors même qu'ils devaient être adjoints à l'ISS en 2009. Le véhicule spatial Soyouz , servant aux liaisons avec l'ISS, demeure très fiable grâce à de multiples améliorations de détail, mais il devrait être entièrement repensé pour rester compétitif.

Plus gravement, le budget spatial russe d'environ 2 milliards de dollars ne s'accroît pas, pour des raisons d'économies, face aux 16 milliards de la Nasa. Les contributions du secteur privé sont très rares et faibles. De plus, ce budget sert à rétribuer des gestionnaires, juristes, économistes plutôt que les ingénieurs dont les bureaux d'étude auraient le plus grand besoin. Ce n'était pas le cas du temps de Sergueï Pavlovitch Korolev, fondateur du programme spatial soviétique, mort en 1966.

Les prochaines décennies, selon Padalka, seront marquées par des programmes spatiaux internationaux très ambitieux, notamment le séjour sur la Lune et sur Mars. Si la Russie n'y figure pas en bonne place, elle perdra toute importance scientifique et politique.

Des spécialistes russes de l'espace contestent les vues pessimistes de Padalka. Ils mentionnent, entre autres projets d'avenir, le cosmodrone Vostochny visant  à réduire la dépendance à l'égard de celui de Baikonour dans le Kazakhstan, ainsi qu'un projet de lanceur super-lourd destiné aux missions lunaires et martiennes. 

Mais, non sans raisons, Padalka indique que les projets ne suffisent pas. Ils doivent se traduire rapidement dans les faits.

Note

Concernant les réalisations et projets de la Chine dans l'espace, voir

http://www.spacedaily.com/reports/China_launches_powerful_rocket_in_boost_for_2020_Mars_mission_999.html 

03/01/2020
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