Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

La Haute Représentante de l'Union et la Russie

Toutes les autorités « occidentales » affûtent leurs arguments pour déterminer leur position à l'égard du projet de traité de sécurité paneuropéenne présenté par les Russes. Un point intéressant est de savoir quel parti va prendre la toute nouvelle Haute Représentante de l'Union Européenne.

Le cas est intéressant. L'envoi par les Russes d'un projet de traité appelle en effet une réponse immédiate, ce que certains (Washington, Paris, l'Otan) ont déjà fait. Cette réponse vaudra appréciation générale évaluant le projet et, plus généralement, la politique russe elle-même. La baronne Ashton, on le sait, n'a guère d'expertise dans le domaine de la politique extérieure qu'elle dirige désormais. Elle doit baser sa position sur les analyses et les informations qu'elle reçoit des deux principales sources qui l'alimentent, la bureaucratie de la Commission et celle du secrétariat général (les services que dirigeait Javier Solana, prédécesseur de Ashton). Nos sources dans les milieux européens indiquent que ces deux courants sont très différents, sinon opposés.

• La Commission européenne définit sa position en fonction du service qui s'occupe de la Russie, lequel est dirigé par un Britannique très orthodoxe, très anti-russe. Les analyses recommandent une attitude réservée, implicitement hostile vis-à-vis des propositions Medvedev, considérées comme une manœuvre anti-occidentale. Nos sources observent que la Commission a beaucoup souffert de cette orientation dans l'époque récente, en se trouvant bloquée dans une attitude négative vis-à-vis de la Russie, alors que la situation a notablement évolué depuis la crise géorgienne, l'arrivée d'Obama et l'abandon du système BMDE.

• Au contraire, le Secrétariat Général a fourni des analyses beaucoup plus favorables, indiquant qu'il est nécessaire de considérer avec un esprit ouvert les propositions russes. Ces analyses sont, non seulement plus constructives, mais plus accordées aux réactions qu'ont suscitées jusqu'ici les propositions Medvedev.

C'est un dilemme pour Catherine Ashton. Elle pourra aussi s'appuyer en bonne Britannique, sur une position politique suggérée par le Foreign Office, qui ne serait sans doute pas très éloignée de la ligne suivie par la Commission – elle-même Commission inspirée par cette ligne puisque inspirée par un service dirigée par un Britannique – et l'on sait comment agissent les Britanniques au sein des institutions européennes, bien souvent en courroies de transmission du Foreign Office. Mais une telle attitude, négative, fermée, alors que les autres forces occidentales sont plutôt inclinées vers l'ouverture, serait un bien mauvais début pour la Haute Représentante. Elle a besoin de s'affirmer en raison de son manque d'expérience et de prestige dans le domaine qui est le sien. Or on ne s'affirme pas par  une position négative alors que le vent général est plutôt à l'ouverture.

Ce poste si prestigieux pour une Britannique, donc pour le Royaume-Uni, peut se révéler un piège, si l'inspiration britannique continue à être défensive, plutôt bougonne à l'image de Gordon Brown, alors que l'Europe institutionnelle a besoin d'initiatives constructives pour faire ses premiers pas diplomatiques. Une telle ligne profiterait à ceux des Etats-membres qui ont des programmes politiques plus ouverts. Ce pourrait être le cas de la France, dont la diplomatie tendrait dans ce cas à se positionner comme ouverte au dialogue, ce qui lui donnerait de l'importance tant aux yeux des citoyens français eux-mêmes qu'à ceux des Européens. 
04/12/2009
Vos réactions
Dernières réactions
Nombre de réaction(s) : 1
La baronne Ashton plus blairiste que Blair
23/12/2009 17:09:40 | Par : baquiast
Si l'on en croit les nouvelles récentes de Bruxelles (22/12) la Haute Représentante Ashton serait en train de perdre toute originalité en s'affichant à la surprise générale plus blairiste que Blair, alors qu'elle n'a rien à gagner dans cette direction.
http://www.dedefensa.org/article-ashton_en_derapage_incontrole_et_van_rompuy_en_embuscade_23_12_2009.html
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire