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Avions ravitailleurs US. Le consortium EADS-Northrop/Grumann se retire

Nous avions été de ceux qui dès le début, avaient prévu que l'appel d'offres international lancé par le Pentagone pour remplacer sa flotte d'avions-ravitailleurs hors d'âge était un faux semblant.

Jamais dans l'histoire le lobby militaro-industriel américain ne s'est ouvert à la concurrence étrangère. Il concentre toutes ses forces d'une part à verrouiller  les marchés militaires domestiques et d'autre part à éliminer, partout où il le peut, et notamment en Europe, les offres concurrentes provenant des pays acheteurs. Qu'il s'agisse de procédures calculées longtemps à l'avance pour faire croire à un semblant d'ouverture sans rien lâcher sur l'essentiel, ou de ratées dues à des maladresses rattrapés de justesse, les 8 années de bataille qui l'année dernière avaient un moment semblé donner l'avantage à l'offre dite transatlantique  (EADS-Northrop/Grumann ) sont en train ces jours ci de se conclure par une reprise en mains du marché par le lobby. En privilégiant clairement un appareil plus petit, de moindre capacité et moins coûteux, les nouveaux critères d'attribution favorisent ostensiblement Boeing. Ils excluent de fait toute possibilité pour EADS-Northrop de l'emporter. Celui-ci a donc décidé de se retirer.

On pourrait admettre que, sous la pression de Barack Obama, le Pentagone soit conduit pour raisons d'économies à réduire ses ambitions. Mais manifestement il le fait pour privilégier Boeing (lequel rappelons-le, avait été précédemment exclu de la compétition pour corruption) . Or Boeing finance plus que jamais les parlementaires démocrates pour qu'ils fassent pression en sa faveur sur le président. De plus,  il apparaît bien que Boeing a eu connaissance des modalités exactes de l'offre transatlantique  tant sur les conditions que sur le prix, ayant eu accès à l'offre précédente.

Mais il n'y a pas que cela. Comme l'indique Louis Gallois, patron d'EADS, l'une des principales critiques est que le critère  exclusif retenu dans l'appel d'offres est d'avoir l'appareil le moins cher sans tenir compte des économies que peut générer son exploitation,  ce qui donne un avantage net à Boeing. Les capacités de l' A 330 n'ont pas été prises en compte, que ce soit celle du Tanker ou celle de sa fonction multirôle, de transport de matériels et de passagers. « On ne peut donc  pas établir une compétition équitable en n'intégrant pas dans les critères de sélection ceux de l'avion le plus performant ".
Hervé Morin semble perdre ses illusions. « On peut comprendre la mauvaise humeur d'EADS et nous attendons la réponse américaine", a-t-il dit.  Il attend  donc du gouvernement américain un appel d'offres dans des conditions d'équité, tout en déplorant  la démarche des Etats-Unis qui "vendent au reste du monde mais refusent d'appliquer chez eux le principe du marché". Il peut toujours attendre. Depuis la seconde guerre mondiale le principe permanent de l'administration fédérale  et plus généralement des industriels américains consiste à imposer le libéralisme au reste du monde et refuser de l'appliquer chez soi. Puisse cette affaire des avions ravitailleurs ouvrir les yeux aux naïfs Européens qui croient encore aux vertus du libéralisme à l'américaine...et pensent encore à s'équiper en F35...

PS au 5/12. Les défenseurs du libre-échange, que ce soit en France, en Europe ou dans le monde, dénoncent actuellement une supposée (et probable ) intervention du gouvernement français pour que la reprise de T&D (activité Réseau de distribution d'Areva) soit assurée par les industriels français Alstom et Schneider, et non pas par les concurrents étrangers Toshiba et General Electric. Nous ne pouvons pour notre part qu'approuver ladite intervention, si elle a eu lieu. Il est stratégiquement vital en effet de garder dans le patrimoine industriel français cette activité essentielle. Nous n'allons donc pas reprocher aux Américains de vouloir garder la maîtrise de leur aviation militaire. Nous disons seulement qu'il faut ouvrir les yeux. Dans un monde où tout le monde se protège, libéralisme ou pas, les Européens seront les dindons de la farce s'ils ne le font pas aussi. A cet égard et dans le cas évoqué, Sarkozy (pour une fois) donne un bon exemple à l'Europe.
04/12/2009
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