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Les projets spatiaux européens

Les 27 et 28 novembre 2019 à Séville, lors du congrès dit Space 19+, les 22 représentants des Etats membres de l'Agence Spatiale Européenne (ESA) ont fixé les crédits qui seront affectés aux projets de celle-ci pour les 3 prochaines années.

Son directeur général, Jan Wörner, avait demandé le financement de 14,3 milliards d'euros de programmes. Il en a obtenu 14,4 milliards, dont 12,5 milliards sur les trois années 2020-2022. Il a affiché sa grande satisfaction.

Dans un article précédent, nous considérions que les Européens ne faisaient pas suffisamment d'efforts pour se doter d'un programma spatial à la hauteur de ceux des Etats-Unis, notamment de la Nasa, de la Chine et de la Russie. Peut-on penser que désormais, ce décalage se réduira ? Pour en juger, il faut examiner les résultats de la réunion de Séville. Nous en donnons ici un bref aperçu, compte-tenu des divers compte-rendu qui en ont été donné, dont celui fourni en français par le journal Les Echos.

Tous les Etats ont proposé des hausses budgétaires. L'Allemagne promet 3,29 milliards d'euros, la France 2,66 milliards, l'Italie 2,28 milliards, le Royaume-Uni 1,65 milliard, l'Espagne 850 millions et la Belgique 810 millions. L'Allemagne passe ainsi pour la première fois devant la France, première nation spatiale avec ArianeGroup, Thales Alenia Space, Airbus et le port spatial de Kourou.

Le programme le plus souscrit par les Etats membres concerne les satellites d'observation de la Terre du programme Copernicus, dont on attend qu'ils puissent un jour mesurer les émissions de CO2 avec autant d'exactitude qu'on mesure la température. L'ESA estime qu'elle pourra ainsi rester le chef de file mondial « en mettant en oeuvre 11 nouvelles missions, portant notamment sur des thèmes liés au changement climatique, à l'Arctique et à l'Afrique ».

Concernant l'exploration, l'Europe continuera à participer à la Station spatiale internationale jusqu'en 2030. Elle y renverra bientôt 3 astronautes. L'ESA contribuera aussi au programme lunaire de la Nasa, en mettant au point certains modules de transport et d'habitation pour le nouveau projet de station orbitale lunaire, le Gateway. Celle-ci pourra accueillir des équipages pour une durée de 42 jours. Elle permetta également de pratiquer les rendez-vous entre vaisseaux spatiaux loin de l'orbite terrestre basse..

Dans le domaine des opérations dites scientifiques, le CNES a obtenu le financement de la mission Exomars, en coopération avec la Nasa. une mission pionnière de retour d'échantillons martiens. Par ailleurs, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, l'ESA a obtenu une hausse budgétaire significative de son programme scientifique qui, par le passé, n'intéressait pas faute de retombées industrielles immédiates. L'Agence à ainsi confirmé ainsi la mise en orbite de LISA, le premier observatoire spatial d'ondes gravitationnelles, et la poursuite de la mission Athena comportant la mise en orbite d'un observatoire spatial visant à étudier les trous noirs en l'absence de perturbations atmosphériques.

Concernant enfin les lanceurs, l'ESA a accepté la réalisation d'un nouveau vaisseau spatial européen : SpaceRider, une mini-navette (2,4 tonnes) réutilisable conçue pour être lancée depuis la fusée Vega et capable de ramener au sol des matériaux trouvés dans l'espace. Ce projet est essentiellement financé par l'Italie (75 %). Par ailleurs les Etats membres ont confirmé la nécessité d'un accès autonome à l'espace, finançant  la transition d'Ariane 5 à Ariane 6 ainsi que ses futurs développements. Ils ont aussi accepté d'investir dans la modernisation du port spatial de Kourou en Guyane. 

Enfin les Etats  ont confirmé la nécessité d'un programme sur la sécurité spatiale, qu'il s'agisse de trouver les moyens  d'éliminer des débris dangereux , de mieux contrôler le trafic spatial ou de prévenir les dégâts que pourraient causer sur Terre des astéroïdes.

Sur les projets allemands, voir  Space Daily

01/12/2019
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