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Milipol, le Salon de la surveillance généralisée

La Chine a été la vedette du Salon Milipol de Paris qui vient de se tenir du 19 au 22 novembre 2019 à Villepinte.

Milipol se veut le Mondial de la Sécurité Intérieure, autrement dit de tous les systèmes de surveillance des personnes, des véhicules et des biens, largement utilisés aujourd'hui par les diverses polices et les services de renseignement intérieurs.

Avec 89 des 1.100 compagnies présentes au salon, la Chine  a été la mieux représentée. Mais contrairement aux autres exposants, proposant des armes et des munitions diverses, les entreprises chinoises se sont caractérisées par les équipements non-léthaux qu'elles offraient, principalement défensifs, casques, vestes blindées, équipements visant à brouiller les communications et surtout une grande variété de caméras.

Il s'agit de caméras dites intelligentes dont l'optique reliée à un logiciel approprié, est capable d'effectuer de nombreuses tâches de police, jusqu'ici réservées aux seuls humains. La plus importante, outre l'identification globale des individus, en est la reconnaissance faciale. Ces caméras sont déjà au nombre de 176 millions.en Chine, selon la police chinoise. Elles devraient attendre 2,76 milliards en 2022, soit 2 par individu. On sait qu'un effort industriel sans précédent est en cours pour les produire, dans des usines employant essentiellement du personnel féminin.

Selon des informations fournies Amnesty International, il est vrai très en lien avec la CIA américaine, elles sont déjà largement utilisées contre les séparatistes de la communauté Ouighour, notamment dans les camps d'internement où beaucoup de ceux-ci sont enfermés, en vue de « rééducation ».

En 2018, Amnesty avait accusé la police chinoise d'imposer à certains sujets des « bracelets intelligents » qui reliés aux téléphones portables des policiers, eux-mêmes connectés à des antennes extérieures, permettent à ceux-ci de les surveiller en permanence.

La firme chinoise Hytera Communications Corporation propose déjà à de nombreux pays, notamment en Afrique, de généraliser de tels équipements. Elle fait déjà hors de Chine, selon elle, 40% de ses ventes. Interdite aux Etats-Unis, elle dispose de filiales en Grande Bretagne, au Canada en Espagne et même en France .

Une entreprise chinoise analogue, Hikvision, fournit déjà de tels systèmes de surveillance dans de nombreuses villes en Europe, y compris en France, notamment à Nice. Ces systèmes seraient pour le moment, selon les polices, utilisés à la surveillance des manifestations et installations sportives. Mais des drones en sont de plus en plus équipés et peuvent ainsi relever toutes sortes d'infractions. 

Les personnes n'ayant commis aucun délit pourront ainsi à terme être surveillées. Cette surveillance s'ajoutera à celles résultant de l'espionnage généralisé de leurs communications par internet que renforcera l'utilisation de la 5G. Ce ne seront pas nécessairement des policiers qui exerceront eux-mêmes cette surveillance en premier ressort. Ce seront des logiciels intelligents en relation avec l'administration.

Mais il est inévitable que de nombreuses autres utilisations de tels systèmes se généralisent dans la société connectée moderne, même sans le relais des matériels Huawai eux-mêmes chinois. Les utilisateurs affirmeront y avoir recours pour des usages innocents, tels que la publicité ciblée et la vente en réseau, dont la firme Amazon est l'un des champions.

L'Agence Spatiale Européenne utilise déjà des caméras semblables, de l'entreprise britannique Thruvision, pour assurer la sécurité dans divers lieux publics, dont les aéroports. Voir Spacewar

26/11/2019
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