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Faut-il considérer comme importante pour l'Europe la votation suisse sur les minarets ?

La plupart des commentateurs et médias considèrent que la votation suisse qui devrait aboutir à l'interdiction de construire des minarets sur les mosquées suisses donne une image désastreuse de l'accueil fait aux musulmans, aussi bien en Suisse que plus généralement en Europe. Il nous semble qu'il faudrait voir les choses autrement.

Si des Etats non européens, ou des organismes soutenus par eux, finançaient à coups de milliards des équipements cultuels dans les pays européens, sous prétexte d'y favoriser l'expression de religions auxquelles ils prétendraient se référer, par exemple le protestantisme évangélique, le judaïsme, le catholicisme orthodoxe, que dirait-on ? On dirait, à juste titre, que ces Etats souhaitent favoriser la pénétration en Europe de leurs ressortissants et de leurs intérêts, religieux mais aussi politiques et économiques. Les Etats européens ne les laisseraient pas faire.

Si le Vatican faisait de même, en encourageant la construction d'églises et d'installations confessionnelles en Europe  même, réputée cependant de vieille tradition catholique, on peut penser que les gouvernements européens, y compris dans des pays méditerranéens encore très marqués par le catholicisme, signifieraient au Saint Siège que de telles initiatives seraient particulièrement inopportunes, propres à réveiller des querelles entre religions et athéisme ayant trouvé un apaisement.

Le temps où les religions trouvaient bon d'envoyer des missions dans les pays non encore convertis à leurs dogmes, avec l'appui des gouvernements, est passé depuis longtemps. Les jésuites ne cherchent plus à convertir les Chinois, ni les pères blancs les Africains. Le seul prosélytisme voyant qui demeure, en dehors de celui d'innombrables et d'ailleurs insupportables sectes, est celui des Eglises évangéliques, encore soutenues dans diverses parties du monde par les ambassades américaines.

En Europe, malgré les efforts personnels de certains chefs de gouvernement pour remettre en cause le principe de laïcité, c'est celui-ci qui demeure la règle. Il suppose d'abord une stricte séparation entre les institutions publiques et la sphère privée. Il suppose aussi que les religions restent extrêmement discrètes dans ce que l'on nomme l'espace public. Celui-ci est ouvert à tous, croyants, athées ou indifférents. Il ne doit pas tolérer de prise en mains par des religions, quelles qu'elles soient. Pas de placards publicitaires, pas de monuments voyants, pas de manifestations de masse, pas d'exhibitionnisme individuel, bref aucun effort particulier pour imposer ses croyances à autrui.  

Les citoyens européens, et avec eux les Etats et les institutions publiques européennes, n'ont donc aucune raison d'accepter la pénétration, autrement dit l'entrisme,  d'un islam de combat soutenu à coups de milliards de pétro-dollars par des Etats qui sous couvert de religion (dont ils se moquent en leur for intérieur), cherchent à prendre en mains les potentiels économiques et culturels de notre continent. Les musulmans modérés européens ont tort de jouer ce jeu.  Ils  ont beau expliquer que le Coran n'impose ni le djihad ni la charia ni le voile, il reste que les interprétations qu'en donnent, non seulement les fondamentalistes mais simplement les Etats arabes,  sont beaucoup plus agressives. Il s'agit de pénétrer l'Europe (comme ailleurs d'autres parties du monde) pour  y étendre le pouvoir de forces politiques dont la principale arme se trouve dans notre bonne volonté à nous laisser conquérir.

Le discours tenu ici n'est pas du tout un discours d'exclusion à l'égard des Arabes, Noirs et Asiatiques. La présence de ceux-ci en Europe est une excellente chose, permettant de diversifier les apports démographiques. Mais il ne faudrait pas que l'on puisse voir en eux des  missionnaires oeuvrant pour des religions de combat et pour des Etats étrangers n'ayant aucune sympathie pour la civilisation européenne. Lorsque un Européen rencontre d'autres Européens de race blanche dans la rue ou le métro, rien en général ne lui permet de voir en eux des athées ou des croyants de telle ou telle religion. Ainsi les rapports restent en principe consensuels. Il faudrait qu'il en soit de même à l'égard des Européens d'autres races et ethnies. Si certains de ces derniers exhibent au contraire des signes d'appartenance religieuse agressifs, ils ne peuvent que provoquer des réactions antagonistes, car ces signes raniment le fond toujours latent de querelles religieuses ou philosophiques.  

Ajoutons que ces évidences devraient être rappelés aux investisseurs européens eux-mêmes. Tout autant que les imams saoudiens fondamentalistes, ils encouragent la diffusion d'un islam de combat. Ils vendraient leur âme pour obtenir une part de la manne du pétrole, quel que soit le prix à payer en termes de démission culturelle et philosophique. Ce sont eux qui utilisent les ressources technologiques européennes non pour réindustrialiser l'Europe mais pour construire des tours démentes à Dubaï et dans les Emirats, censées montrer au monde entier la supériorité des sociétés musulmanes.  

Faudrait-il dans ces conditions que les Etats européens interdisent la construction de minarets sur les mosquées existantes ou en projet. Nous répondrions par l'affirmative, à condition qu'ils interdisent parallèlement l'érection de clochers ou autres symboles voyants dans les églises nouvelles que les fidèles d'autres religions décidaient de financer.  
30/11/2009
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Une chapelle à Ryad
30/11/2009 20:18:30 | Par : Anne
J'ai fait un petit héritage et voudrais financer la construction d'une chapelle catholique (sans clocher) à Ryad. Savez vous à qui je devrais m'adresser
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