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Vivement une Europe plus fédérale et plus démocratique

Il faut désormais sans attendre militer pour que le Traité de Lisbonne soit modifié au plus tôt, dans le sens d'un plus grand fédéralisme et d'une plus grande démocratie.

On peut, pour ne pas tout voir en noir, se féliciter d'observer la mise en place progressive et sans drames des institutions prévues par le traité de Lisbonne, le président du Conseil européen et le haut représentant pour les affaires étrangères et vice-président de la Commission. Même si les deux personnalités désignées, le belge Herman Van Rompuy et la britannique Catherine Ashton (formellement baroness Ashton of Upholland) ne brillent pas particulièrement par leur notoriété ou leur charisme au service de l'Europe, on peut toujours se dire que, la fonction créant l'organe, ils pourront peut-être prendre de l'autorité tant au regard des interlocuteurs internationaux de l'Union européenne que de la jungle des groupes de pressions intra-européens, sans mentionner les citoyens eux-mêmes. 

Mais ne rêvons pas. Nous avons regretté depuis longtemps que le traité de Lisbonne n'encourage pas l'émergence d'une Europe politique forte et indépendante. On est obligé de constater que la désignation des titulaires des deux postes qui restaient à pourvoir au sommet de la pyramide institutionnelle européenne confirme cette volonté implicite.  Ni les grands Etats ni sans doute les petits n'ont souhaité qu'à l'intérieur du traité actuel se précise une quelconque force politique et démocratique autonome  capable de s'opposer aux puissants du monde comme à des egos nationaux plus exacerbés que jamais. Le processus même de désignation adopté, particulièrement obscur et filandreux, semble avoir été choisi  intentionnellement pour désintéresser de la question européenne tous ceux qui souhaitaient  s'y investir. Ajoutons que charger des affaires étrangères la représentante d'un pays qui a toujours fait son possible  pour que n'apparaisse pas de ce côté-ci  de la Manche un quelconque pouvoir rival du couple satanique Etats-Unis/Royaume-uni donne un signal détestable.  La grande majorité des commentateurs, y compris un article de ce jour du New York Times, explique que ce choix illustre plus les faiblesses de l'Europe que sa capacité à s'imposer.

Pouvait-on attendre mieux ? D'autant plus, dira-t-on, que de toutes façons, ni le président du Conseil européen ni la haute représentante ne disposeront véritablement d'administrations en propre. Par leur voix continueront à s'exprimer les fonctionnaires des Etats qui seront mis à leur disposition et dont il n'est pas certain qu'ils acquièrent rapidement une indépendance suffisante. Il faut également rappeler que le détestable système des présidences tournantes continuera à jouer pour la présidence des divers conseils des ministres et comités spécialisés, par lesquels passe l'essentiel des décisions. La Commission européenne comme les administrations des Etats membres continueront donc d'être ballottés entre ceux qui voudraient en faire un peu plus et ceux qui continueront à freiner des quatre fers. Comme enfin, les pouvoirs du Parlement européens, bien que légèrement accrus par le Traité, resteront limités et non soumis à la sanction des électeurs, même si quelque répond désormais aux numéros de téléphone censés correspondre à l'adresse de l'Europe, ce quelqu'un risque de ne faire que des réponses dilatoires. Kissinger pourra donc ironiser longtemps encore à ce sujet.

Ceci dit, comme l'écrit un de nos correspondants, « Rome ne s'est pas faite en un jour! Ces décisions sont le reflet des positions actuelles sur la répartition des responsabilités entre le niveau national et le niveau européen. Le chantier de la construction européenne est loin d'être achevé et nous faisons partie des bâtisseurs. Plus les opinions publiques seront europhiles, plus nos dirigeants nationaux seront audacieux en matière de transfert de pouvoirs vers le niveau européen ».

Pour aller dans ce sens, et pour dynamiser les imaginations et les volontés politiques des europhiles, il nous semble qu'il faudrait désormais sans attendre militer pour que le Traité de Lisbonne soit modifié au plus tôt, dans le sens d'un plus grand fédéralisme et d'une plus grande démocratie. On sait comment cela pourrait se faire : un Parlement et un président du Conseil élus au suffrage universel par tous les Européens regroupés dans un corps électoral unique et disposant de compétences fédérales considérablement élargies, des administrations européennes responsables en grande partie devant eux, des élections au cours desquelles les grandes forces politiques seraient obligées de définir des stratégies à long terme permettant de mobiliser les électeurs. On dira que préconiser aujourd'hui de tels changements institutionnels relèverait de l'utopie et n'aurait aucun écho. Nous pensons tout le contraire. L'escadre européenne navigue voiles hautes vers des dépressions tempétueuses. Quand le vent se sera véritablement levé et que les commandements actuels auront manifesté leurs limites, les équipages (ou armateurs) que nous sommes exigeront des réformes profondes sur les  passerelles. Les projets fédéraux retrouveront alors tout leur caractère convaincant.              

 
 
20/11/2009
Vos réactions
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Nombre de réaction(s) : 1
Coopération entre grandes nations
21/11/2009 19:47:40 | Par : JP.Baquiast
J'ajouterais, pour être honnête, que la solution actuelle, à défaut de mettre en place une Europe fédérale qui dans l'immédiat serait impuissante, privilégie la coopération entre grandes nations. Dans la perspective des crises majeures qui s'annoncent, il s'agirait certainement de la formule la plus efficace.
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