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Remilitariser l'Allemagne. Soit, mais pour quoi faire ? La guerre à la Russie ?

Nous avons souvent évoqué ici la nécessité pour l'Europe, et notamment pour l'Allemagne, jusque là absente en ce domaine, de se doter d'une force militaire en propre, indépendante de l'US Army et du Département américain de la Défense.

Celle-ci serait soutenue par une puissante industrie militaire européenne, qui ne serait pas seulement, dans le meilleur des cas, une sous-traitante de l'industrie américaine.

Mais inévitablement se pose la question de savoir de qui il s'agirait de se défendre. La France, qui dispose d'une telle armée et d'une telle industrie, a toujours considéré, sans le dire clairement, qu'elle devra se défendre tous azimuts, c'est-à-dire autant de l'Est (Russie, Chine) qu'éventuellement de l'Ouest (Etats-Unis et ses alliés) sans mentionner les risques grandissants de guerre intérieure suscités aujourd'hui par le terrorisme islamique.

Pour lescercles gouvernementaux allemands, profondément pénétrés de l'idéologie atlantique, le seul adversaire qu'il convient officiellement d'évoquer est la Russie. Dans l'Union européenne, les pays de la Baltique et la Pologne, entre autres, soutiennent à fond cette approche. La cinquantaine de bases militaires américaines en Europe du Nord et de l'Est sont toutes conçues pour se défendre d'une offensive russe, voir pour participer à une attaque américaine d'ampleur contre ce pays.

Se pose cependant la question de savoir si la population allemande, dans ses profondeurs, où subsistent encore quelques souvenirs douloureux du nazisme, partage ce point de vue. Il est difficile de le savoir, car les rares sondages à ce sujet sont contradictoires. Il en est de même des grands médias allemands, qui d'ailleurs jusqu'à présent abordaient rarement cette question

L'analyste  Peter Schwarz vient d'aborder cette question dans un article du WSWS du 29 octobre 2019: Les médias allemands face à la fièvre de guerre https://www.wsws.org/fr/articles/2019/10/29/alle-o29.html

L'auteur est un prospectiviste et homme d'affaire américain, d'origine allemande. On peut le considérer comme opposé à l'aventurisme du complexe militaro-industriel américain. Selon lui les médias allemands seraient désormais en proie à une fureur anti-russe les poussant à réclamer la mise en place d'urgence d'une armée allemande efficace, destinée évidemment à mener une guerre contre la Russie. Sans doute beaucoup ne partageront pas ce point de vue extrème. Les publications des médias ne reflètent pas nécessairement l'opinion dans ses profondeurs. Néanmoins l'article mérite d'être lu avec attention. 

Note au 03/11

Un ami, bon connaisseur de l'Allemagne, où il vit, écrit

Je ne suis pas du tout d'accord avec l'article de Peter Schwartz concernant  la remilitarisation de l'Allemagne. Pour ma part, je ne  ressens pas ici de fureur anti-russe dans la population et d'un point de vue politique, je ne vois pas l'intérêt qu'aurait l'Allemagne de se mettre à dos la Russie alors même qu'elle se trouve de plus en plus importatrice de son gaz. Une Allemagne en guerre contre la Russie ne servirait que les intérêts des États-Unis qui a mon avis voient d'un mauvais oeil tout rapprochement entre ces deux pays. Les États-Unis ont encore beaucoup trop d'intérêts en Allemagne (bases miliaires comme Rammstein, sites de missiles, ONG, etc).

L'Allemagne devrait rechercher avant tout une stabilité politique du continent européen et eurasiatique (Chine, routes de la soie) pour tout le bénéfice de son industrie. Si l'Allemagne devait se remilitariser, ce serait avant tout pour protéger ces nouvelles routes commerciales sur le continent eurasiatique ou ailleurs, mais pas dans des campagnes de conquête ou de déstabilisation de la Russie.

En Allemagne de l'Est, que certains observateurs mal informés considèrent comme particulièrement anti-russe, c'est le contraire que l'on observe. 

* L'article de la radio suisse SRF ci-joint du 29/08/2019 dépeint une situation complètement différente avec au contraire une population est-allemande atteinte du syndrome de Stockholm vis-à-vis des Russes. Les premier ministres des parlements fédéraux est-allemand sont tous diamétralement opposés à la potilique de sanction pronée par Berlin contre Moscou. Le Premier ministre saxon Michael Kretschmer (CDU) a fait une allocution cet été au Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Kretschmer s'est même fait photographier avec le président russe et l'a invité à Dresde.
 
* Même chose pour cet article est-allemand du Nordkurrier (Land du Neubrandenbourg à l'Est) daté du 10/06/2019 qui titre : OSSIS ET PUTIN :Un journaliste de BILD injurie les Allemands de l'Est pour l'amour de la Russie. Pourquoi la Russie et son président Vladimir Poutine sont-ils si populaires à l'Est, alors que de nombreux Allemands de l'Ouest trouvent l'Empire Poutine menaçant et diabolique ? Le journal BILD se pose cette question - et en tire d'étranges conclusions.
 
* Le Zeit Online (hebdomadaire libéral de gauche ouest-allemand) du 12/06/2019: Le faux chemin d'un Allemand de l'Est
Le chef du gouvernement saxon Michael Kretschmer veut mettre fin aux sanctions russes sans nécessité. Avec ses déclarations, il devient involontairement un travailleur électoral pour l'AfD.
 
* Ou bien le Tagesspiegel titre le 25/07/2019 :D'où vient la proximité des Allemands de l'Est avec la Russie. La grande majorité des Allemands de l'Est souhaitent un rapprochement avec la Russie. Rencontres avec des gens qui comprennent Poutine

 

01/11/2019
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