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Le patriotisme industriel, alors ? On s'asseoit dessus

L'omnicompétent Nicolas Sarkozy avait promis à son arrivée au pouvoir qu'en matière de patriotisme industriel on allait voir ce que l'on allait voir. On a vu? Rien du tout. Cela continue.
Deux affaires nous scandalisent.

Les rames TER

L'une est déjà bouclée. Il s'agit de la SNCF qui vient de décider de passer à la firme canadienne Bombardier une énorme commande de 8 milliards pour compléter son parc TER.

La préférence donnée à Bombardier s'appuierait sur des avantages mineurs en terme de qualité et de prix. L'industriel français Alstom n'aura donc qu'une petite partie  des commandes de ce type de matériel. La SNCF prétend qu'en fait ce sont les régions qui décident, que par ailleurs les rames seront construites en France à Crespin.

Mais cela ne tient pas au regard des inconvénients. D'abord rien ne garanti que ces matériels continueront à être produits en France. Bombardier à l'habitude de délocaliser dans la zone dollar et chez des pays à faibles coûts salariaux. D'autre part et surtout, lorsqu'Alstom fait des propositions à l'international il se heurte systématiquement à la concurrence de Bombardier. Il n'est même pas autorisé à soumissionner au Canada même. La référence prestigieuse de la SNCF permettra à Bombardier de continuer à lui tailler des croupières.  

Le rachat T&D


Il s'agit de la mise aux enchères de la filiale d'Areva spécialisée dans la transmission et la distribution d'électricité. Le gouvernement français, sous la pression de la Commission, a accepté cette opération que Areva, avec de très bons arguments, ne souhaitait pas vraiment. L'importance que prendra pour l'avenir la compétence en matière de réseaux intelligents représente un intérêt stratégique, aussi bien pour le producteur d'électricité que pour l'économie nationale et les clients, qui peuvent ainsi gérer les économies d'énergie.
Ceci dit, 3 concurrents sont en lice. Les français (ou franco-européens) Alstom et Schneider mettent en avant cet intérêt industriel national pour l'emporter sur les concurrents Toshiba et General Electric. Ceux-ci font un lobbying intense pour expliquer au contraire qu'ils seront les mieux placés pour prendre en compte les intérêts d'Areva, des entreprises de l'actuel T&D et plus généralement de l'économie française.

C'est évidemment faux. Si l'un de ces deux grands groupes étrangers l'emportait (comme probable), on verra se renouveler le processus de délocalisation expérimenté par Arcelor racheté par Mittal. De plus, Areva (ou EDF) dépouillés du savoir-faire réseaux se heurteront inévitablement en international sur leurs concurrents directs Toshiba et General Electric  qui eux, pourront se prévaloir du savoir-faire T&D.

De qui se moque-t-on ? Pourquoi accepte-t-on en France de donner des verges pour se faire battre ? Où est passé Sarkozy ? Il paraîtrait qu'il suit le dossier. Mais le suivre jusqu'où?

Que l'on ne fasse pas valoir que dans les deux dossiers évoqués ici, le patriotisme industriel français ait à s'incliner devant un éventuel patriotisme européen. Il n'y a pas d'industriels européens en cause. Mais seulement les plus féroces des concurrents de ces mêmes industriels européens.
Les notes :
  • Le Figaro du 19/11. Le groupe canadien Bombardier devrait très probablement signer dès le début de l'année 2010 un contrat de 8 milliards d'euros pour la fourniture de 860 rames de TER de nouvelle génération à deux niveaux à la SNCF. Des négociations exclusives ont été engagées mercredi et « sous réserve que les réponses de l'industriel soient conformes aux attentes des régions » (qui financent les nouvelles rames), une conclusion positive ne fait aucun doute. La candidature d'Alstom, le principal concurrent de Bombardier sur le secteur, a donc été écartée. La première tranche de cet appel d'offre pourrait intéresser sept régions françaises parmi lesquelles la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, la région Rhône-Alpes ou encore la région Centre, a indiqué la SNCF. Si le contrat est effectivement signé début 2010, les premières livraisons pourraient avoir lieu à partir de juin 2013, toujours selon la SNCF. Ces TER de nouvelle génération, qui peuvent transporter jusqu'à 500 personnes assises par rame, devraient être produits sur le site français de Crespin (Nord). La SNCF avait déjà attribué le 27 octobre dernier un contrat à Alstom portant sur la fourniture de 100 rames de TER, à un seul niveau (une commande qui pourrait à terme atteindre un millier de rames pour plus de 7 milliards d'euros).
19/11/2009
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