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Origines de l'humanité. Une étude génétique

Le terme d' humanité, au sens génétique, désigne des individus dotés tous du même génome, à quelques infimes variations individuelles près. Ils constituent une espèce (l'espèce humaine) dont les membres peuvent se reproduire entre eux mais ne pourraient avoir de descendants s'ils s'accouplaient avec les représentants d'autres espèces, mêmes proches, tels que les primates.

Aujourd'hui, selon des fossiles retrouvés au Maroc, certains anthropologues considèrent que l'espèce humaine serait vieille d'au moins 315.000 ans. Mais ce chiffre est contesté.

On estime que l'espèce humaine serait apparue à la suite de mutations survenues, pour une cause encore inexpliquée, chez des australopithèques récents, tels que la célèbre Lucy, représentante d'une espèce dite  Australopithecus afarensis et découverte en 1974 en Ethiopie. Ce fossile est daté de 3,18 millions d'années. Différentes autres études conduisent à considérer que le nord-est africain, dit aussi corne de l'Afrique, ou se trouve l'Ethiopie, pourrait être ce que l'on appelle parfois le berceau de l'humanité. Cependant des fossiles découverts plus récemment, tel Australopithecus sediba, fossile trouvé en Afrique du sud en 2011, pourrait représenter une forme intermédiaire entre les derniers australopithèques et les premiers représentant du genre Homo

Rappelons que présenter l'arbre généalogique de l'espèce humaine et des autres hominidés n'est pas facile. Elle n'est pas linéaire, comme on le croit souvent. Après s'être séparée des grands singes il y a 7 millions d'années, plusieurs branches avec de nouvelles espèces d'hominidés sont apparues, ont fusionnée et se sont finalement rapprochées pour finir en une seule espèce dites Homo sapiens. On mentionne notamment Homo erectus, Sahelanthropus tchadensis, Homo neanderthalensis, Paranthropus boisei, Australopithecus afarensis,..Beaucoup de lignées ont disparu sans laisser de descendance (comme les paranthropes), alors que d'autres sont apparu sans que l'on ait encore retrouvé leurs ancêtres. Malgré le nombre croissant d'espèces répertoriées à ce jour, il semble évident que toutes n'ont pas été retrouvées. Toutes ces espèces avait été identifiées comme d'origine africaine.

Cependant, récemment, des chercheurs chinois et britanniques ont il y a quelques années découvert des outils en pierre appartenant à des Homos sur le site  de Shangchen, dans le centre de La Chine. Pour les scientifique, les hominidés ont quitté le continent africain il y a environ 1,85 million d'années. Cette date correspond aux plus anciens fossiles d'hominidés découverts en dehors de l'Afrique. C'est sur le site de Dmanisi, en Géorgie, dans la région d'Eurasie du Caucase, qu'ont été trouvés les plus anciens restes d'hominidés d'Asie de l'Est. Actuellement, sur le site de Damnisi, les fossiles retrouvés sont attribués à une nouvelle espèce : Homo georgicus et sont datés de 1,8 millions d'années.

Concernant l'Homo sapiens, espèce à laquelle appartient l'homme moderne, il appartient à la famille des Hominidae, parfois nommée Anthropoidae. Il est le seul représentant actuel du genre Homo, les autres ayant disparu pour des raisons mal connues. Les plus anciens fossiles de cette espèce sont datés d'environ 200 000 ans.

Une étude génétique

Aujourd'hui l'hypothèse de l'Afrique du sud, berceau de l'humanité, parfois mise en doute, pourrait être confirmée, non par la découverte de nouveaux fossiles, mais par une étude génétique intéressant les ADN de 1200 sujets vivant en Afrique du sud. Les conclusions de cette recherche viennent de faire l'objet d'une publication dans le journal Nature, dont nous reprenons ci-dessous l'abstract. Il va de soi que d'autres chercheurs n'ont pas manqué de contester la méthode, qui pourrait selon eux conduire à des généralisations trop rapides. 

L'auteure de l'étude, Vanessa Hayes du Garvan Institute of Medical Research à Sydney, Australie (née en Afrique du sud) et ses collègues, ont collecté des échantillons de l'ADN mitochondrial, ADN qui ne se transmet que par la mère, chez 1200 sujets vivant dans le Delta Okavango au Botswana. Elle en déduit que l'origine de l'homme moderne se trouverait dans ce qui était autrefois une zone humide, devenue aujourd'hui un désert, nommée Makgadikgadi-Okavango au Botswana. Ils estiment que les humains de cette époque ont quitté cette région lorsque celle-ci était en train de se désertifier. Ce phénomène aurait pu être du à un changement de l'orbite de la Terre survenu il y a 200.000 ans. Selon ce que révèlerait l'étude de l'ADN mitochondrial, un petit goupe d'individus avaient quitté cette zone il y avait 130.000 ans, en se dispersant vers le nord-est, un goupe plus important s'était dispersé vers le sud-ouest il y avait 100.000 ans.

ourtant, selon le généticien Mark Thomas de l'University College London. les variants mitochondrial observés dans les populations actuelles ne donnent que peu de précisions concernant l'origine des populations et leurs déplacements depuis 200.000 ans. Il serait hautement improbable que les populations vivant actuellement en Afrique méridionale soient des reliques inchangées de celles vivant dans cette région entre 100.000 et 40.000 ans.

Référence

Human origins in a southern African palaeo-wetland and first migrations 28 october 2019
https://www.nature.com/articles/s41586-019-1714-1

Abstract

Anatomically modern humans originated in Africa around 200 thousand years ago Although some of the oldest skeletal remains suggest an eastern African origin, southern Africa is home to contemporary populations that represent the earliest branch of human genetic phylogeny. Here we generate, to our knowledge, the largest resource for the poorly represented and deepest-rooting maternal L0 mitochondrial DNA branch (198 new mitogenomes for a total of 1,217 mitogenomes) from contemporary southern Africans and show the geographical isolation of L0d1'2, L0k and L0g KhoeSan descendants south of the Zambezi river in Africa.
By establishing mitogenomic timelines, frequencies and dispersals, we show that the L0 lineage emerged within the residual Makgadikgadi–Okavango palaeo-wetland of southern Africa
, approximately 200 ka (95% confidence interval, 240–165 ka). Genetic divergence points to a sustained 70,000-year-long existence of the L0 lineage before an out-of-homeland northeast–southwest dispersal between 130 and 110 ka.

Palaeo-climate proxy and model data suggest that increased humidity opened green corridors, first to the northeast then to the southwest. Subsequent drying of the homeland corresponds to a sustained effective population size (L0k), whereas wet–dry cycles and probable adaptation to marine foraging allowed the southwestern migrants to achieve population growth (L0d1'2), as supported by extensive south-coastal archaeological evidence Taken together, we propose a southern African origin of anatomically modern humans with sustained homeland occupation before the first migrations of people that appear to have been driven by regional climate changes.


 

29/10/2019
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