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Les premiers mammifères

L'on savait peu de choses sur les mammifères cohabitant avec les dinosaures avant la chute de l'astéroïde dans la péninsule du Yucatan il y 66 millions d'années.

Cette catastrophe avait provoqué l'extinction, non seulement des dinosaures, à l'exception des ancêtres des oiseaux, mais des trois quarts des organismes vivants sur la Terre.

Cependant de rares fossiles datant d'un million d'années après la chute de l'astéroïde laissent penser que de très petits mammifères vivaient des millions d'années avant cette date. Selon les travaux de David Grossnickle, chercheur à l'université de Washington (États-Unis) les mammifères auraient ainsi subi trois évolutions rapides (radiations évolutives), à partir d'un ancêtre commun apparu dès 190 millions d'annèes avant la fin des dinosaures. En ces occasions certains mammaliformes ont prospéré et, pour s'adapter à de nouvelles niches écologiques, se sont diversifiés.

On estime que les nouvelles espèces de mammaliformes pouvaient grimper, glisser ou creuser des terriers. Leur régime alimentaire se seraient vers la viande, les feuilles ou les crustacés. Et au moins deux de ces radiations évolutives se seraient produites, l'une au début du Jurassique -- il y a entre 190 et 163 millions d'années -- et l'autre durant le Crétacé supérieur -- il y a environ 90 millions d'années, alors même que les dinosaures prospéraient encore sur Terre.

Faute de fossiles en nombre suffisant, l'on savait peu de choses sur ces mammaliens. Aujourd'hui la découverte de milliers de fossiles bien préservés dans la région dite Corral Bluffs dans le Colorado fournit de nombreuses informations les concernant. Les espèces correspondantes vivaient 1 million d'années après l'extinction, à laquelle elles avaient survécu (voir image). Tout laisse penser qu'elles n'étaient pas très différentes des plus récentes de celles vivant des millions d'années précédant la disparition des dinosaures. D'où l'intérêt de leur étude. 

Ces fossiles comportent des ossements bien préservés, dont des squelettes presque entiers, de mammifères, crocodiles et tortues, ainsi que des fossiles de plantes, les plus communes étant des fougères. Mais le poids estimé des mammifères ne dépassait pas 500 grammes, dont l'un était le Mesodma, proche d'un rongeur d'aujourd'hui. Mais dans les 100.000 suivant, ils récupérèrent le poids de 8 kg, qui était celui de leurs ancêtres avant la catastrophe. Le poids de 70 kg fut atteint après 300.000 ans et celui de 50 kg après 700.000 ans. Ces poids montre que leur évolution s'est faite très lentement au regard de nos critères, mais qu'elle fut rapide à l'échelle paléontologique. Des animaux à sabots furent identifiés, notamment l'Eoconodon coryphaeus. Ces apparitions coïncidèrent avec celles des premiers légumes, qui leur fournirent, outre les sucres, les protéines nécessaires.

Un étude plus approfondie de ces fossiles permettra de mieux connaître les animaux correspondants, ainsi que leur mode de vie. Certains chercheurs considèrent qu'après la 6e seconde extinction qui se produira nécessairement à la suite du réchauffement climatique irréversible en cours, ce seront de tels espèces animales qui, avec un peu de chance, pourraient survivre.

Références 

Science magazine 
https://science.sciencemag.org/content/366/6464/430

ainsi que
https://science.sciencemag.org/content/366/6464/430.abstract

NB. Cet article a réutilisé des éléments provenant d'un article du Newscientist

 

28/10/2019
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