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Manifestations contre le capitalisme financier (dit aussi néo-libéralisme) en Amérique Latine

Les télévisions montrent de plus en plus de manifestants dans les rues des capitales du Chili et de l'Equateur, ainsi que dans d'autres villes de l'Amérique latine.

Au Chili, le 26/10, on constate qu'une semaine de protestations et manifestations, parfois violentes, se poursuivent, sans  issue en vue:  les Chiliens ne relâchent pas la pression sur le président conservateur Sebastian Pinera Piñera et son gouvernement. Ceux-ci semblent paralysés face à une explosion sociale qu'ils n'avaient pas vu venir. Affrontements avec les forces de l'ordre, centaines de pillages, manifestations qui ont culminé le 25 octobre à Santiago en rassemblant, selon certaines estimations, plusieurs centaines de milliers de personnes.

Une semaine après le début de la contestation, déclenchée par une hausse du prix du ticket de métro, la rue ne cède pas et la liste des revendications ne cesse de s'allonger. Les manifestants réclament des retraites décentes, des services de santé et éducation abordables, une baisse des prix des médicaments, mais de plus en plus la démission de Sebastian Pinera et une nouvelle Constitution pour remplacer celle héritée de la période de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

En Equateur, cinq personnes ont trouvé la mort durant les manifestations qui se poursuivent depuis une semaine contre la hausse du prix de l'essence, a annoncé jeudi un communiqué émanant d'un organisme d'Etat dit des « Défenseur du peuple » regroupant les « indigènes » autrement dit les représentants des communautés andines, « Nous appelons le gouvernement à mettre fin à la violence et à garantir le droit de manifester de manière pacifique », a ajouté le communiqué du Défenseur du peuple. Le précédent bilan officiel faisait état d'un mort et 766 arrestations. Par ailleurs, en une semaine, les manifestations ont fait au moins 122 blessés, selon la Croix-Rouge. Et jeudi, selon l'AFP, huit policiers étaient retenus par des indigènes.

L'Equateur est secoué depuis début octobre par un mouvement social inédit depuis 2007, marqué par des blocages de routes et de puits pétroliers en Amazonie, des manifestations parfois violentes et des grèves. Le président équatorien Lenin Moreno cherche à renouer le dialogue avec la communauté indigène en colère, au lendemain d'une manifestation monstre à Quito. Début octobre, le gouvernement a adopté une réforme mettant fin aux subventions sur le carburant, qui a fait monter les prix à la pompe de plus de 100 %.

En Bolivie, le président sortant Evo Morales a remporté le 23 octobre dès le premier tour l'élection présidentielle, malgré différentes voix contestant la régularité des élections. Là encore, celles-ci se sont faites sur un fond d'émeutes populaires résultant des restrictions alimentaires imposées par le néo-libéralisme à l'américaine imposé par Washington.

On mentionne aussi des émeutes au Vénézuéla, notamment dans la capitale. Le cas est un peu particulier, car beaucoup de ces émeutes avaient été précédemment financées par la CIA, pour mettre en difficulté l'actuel président Nicolas Maduro, successeur de Hugo Chavez. Maduro a le tort, si l'on peut dire, comme précédemment Chavez, de s'opposer aux Etats-Unis en coopérant avec la Russie puis la Chine pour leur faciliter l'installation de bases militaires dans le pays. Les classes dominantes ont toujours tenté de le renverser par des manifestations armées dans les rues en vue de le faire remplacer par le candidat à la présidence, Juan Guaido, soutenu par Washington. Mais les « sanctions » américaines contre Maduro se traduisent par des restrictions sévères dans les importations de produits alimentaires, atteignant un pourcentage croissant de la population. Maduro étant toujours resté fidèle au néo-libéralisme n'a jamais réussi à mettre en place une agriculture d'Etat prospère bénéficiant d'une partie des bénéfices de la vente de pétrole.

Au Brésil, l'entourage de l'actuel président Bolsonaro, qui s'était emparé du pouvoir en 2018 à la suite d'un coup d'Etat organisé, là encore, par les classes riches très proches de Wall Street, craint des soulèvements populaires résultant des restrictions alimentaires. Ceci surprendra car le Brésil est un pays riche, mais Bolsonaro, sous la pression de Washington, s'est interdit toute intervention économique sur le modèle de ce qu'avait fait son prédécesseur Lula da Silva, actuellement emprisonné.

En Argentine enfin, l'on constate aussi de plus en plus de manifestations protestant les prix alimentaires élevés.

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Comme nul économiste un tant soit peu professionnel ne l'ignore, et comme nous l'avons souvent souligné, c'est le Fond Monétaire International, FMI ou IMF, dominé par les intérêts des Etats soumis à la tyrannie du dollar, qui contribue directement aux difficultés économiques des représentants les plus pauvres de ses membres. Non sans raisons, beaucoup le surnomment le bras armé de Washington. Il leur impose des politiques d'austérités qui frappent directement les plus pauvres, tout en les encourageant à se lancer dans des opérations dites de réforme qui bénéficient directement ou indirectement aux intérêts économiques américains. Malheureusement pour eux, les pays latino-américains ne disposent pas d'une autonomie politique suffisante pour pouvoir s'engager dans des opérations leur permettant de sortir de la zone dollar et rejoindre le BRICS ou RICS soutenu notamment par la Russie et la Chine.

Notes de mise à jour
1. Sur la Bolivie et la réélection de Moralès, voyez

https://theduran.com/exporting-democracy-to-bolivia/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=the_duran_daily&utm_term=2019-10-26
2. Sur le Chili
https://www.lemonde.fr/international/article/2019/10/26/le-president-chilien-annonce-un-remaniement-pour-repondre-aux-manifestants_6017036_3210.html
3. Sur les Etats-Unis
Le WSWS rappelle dans cet article en français du 26 octobre que les pires des inégalités dues à la sur-exploitation des travailleurs et au pillage des ressources se trouvent aux Etats-Unis. Mais aucun des médias qui s'appesentissent sur les troubles en Amérique Latine ne le fait remarquer

https://www.wsws.org/fr/articles/2019/10/26/pers-o26.html 

Note au 30/10

Pour plus de détails à cette date, voir https://theduran.com/elections-and-uprisings-latin-america-is-once-again-liberating-itself-from-the-u-s/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=the_duran_daily&utm_term=2019-10-30

 

26/10/2019
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