Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Le traité SUCRE

L'économiste Jacques Sapir consacre une note longue et documentée à la crise monétaire internationale et à l'une des solutions proposée pour lutter contre la baisse continue du dollar et du yuan, le Traité dit Sucre. Commentons à notre tour.

Il est clair que les pays du G20, à supposer qu'ils le veuillent, ne peuvent inverser la baisse du dollar américain et l'alignement volontaire du Yuan chinois sur le cours de celui-ci. La visite à Pékin de Barack Obama,  qui vient de se terminer aujourd'hui, confirme la complicité objective des Etats-Unis et de la Chine pour ne pas réévaluer leurs monnaies. Ceci profite dans l'immédiat à leurs exportations et à terme, affaiblit les économies des pays rivaux qui, comme ceux de la zone euro, sont incapables (ou ne veulent pas) affronter les deux super-puissances.

Pour l'économiste Jacques Sapir, dont nous ne saurions trop conseiller la lecture, la crise dite du dollar va donc continuer à s'amplifier dans les mois à venir, provoquant des ajustements qui – en raison de leurs poids cumulatifs – vont très probablement conduire à une crise ouverte du système monétaire international. Les marchés des matières premières – hydrocarbures mais aussi céréales et métaux – seront de plus en plus déstabilisés car ils deviendront l'un des refuges de la spéculation.

De petits pays non alignés, moins timorés que ceux de la zone euro, essayent cependant d'échapper à l'étranglement en convenant d'une unité de change indépendante utilisable dans le cadre de leurs relations internes. C'est le cas du traité dit SUCRE ou Système Unifié de Compensation, ratifié le 16 octobre 2009 par cinq pays latino-américains à l'initiative du Venezuela (Bolivie, Cuba, Equateur, Nicaragua, Vénézuéla)  Il s'agit d'un système complexe établissant non pas à proprement parler une monnaie commune mais un accord de compensation internationale entre les partenaires. A l'abri de celui-ci, de nombreuses mesures de coopération et de co-développement associant les partenaires, sur le modèle des coopérations renforcées de l'Union européenne,  sont ou seront engagées. L'avenir dira ce que vaudra cet accord, compte-tenu notamment des contre-mesures multiples que les Etats-Unis et divers pays de la zone dollar inféodés à eux ne manqueront pas de déclancher.

Cet exemple devrait pourtant faire réfléchir les Européens. Si nous n'étions pas servilement soumis aux intérêts américains,  nous aurions pu parfaitement envisager de telles solutions. A l'échelle d'une puissance économique telle que celle de la zone euro, elles auraient eu toutes les chances d'être prises en considération, y compris au G20. Mais nous n'avons d'yeux que pour les amours entre Obama et Pékin, sans nous préoccuper de nos propres intérêts. Le fait que Christine Lagarde, atlantiste bien connue,  vienne d'être désignée « Star de la Finance  » par le Financial Times conforte bien ce diagnostic. Le FT aurait pu aller plus loin et promouvoir Mme Lagarde en tant que Star de Wall Street. Elle y aurait rejoint le sémillant Tony Blair.
17/11/2009
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire