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La radicalisation est-elle inoffensive?

La radicalisation n'est pas un crime au sens pénal français. Mais l'expérience montre qu'elle y conduit de plus en plus.

Imaginons un pays fictif, que l'on nommera X. Il vient de subir un attentat commis au sein de l'état-major de la police, ayant fait plusieurs morts parmi les fonctionnaires présents. Une rapide enquête a montré que l'auteur de l'attentat était un agent travaillant depuis plusieurs années au sein de cet état-major et ayant accès à des dossiers sensibles. Il s'agissait d'un fanatique religieux  dit radicalisé, en contact avec des milieux eux-mêmes principalement composés de fanatiques radicalisés menant dans ce pays une véritable guerre analogue à celles ayant eu lieu quelques siècles précédents au sein des guerres dites de religions.

Qu'un tel agent ait pu être recruté par les autorités administrative du pays X et affecté à des tâches de grande responsabilité a surpris l'opinion publique. Mais la surprise est vite devenue de l'inquiétude lorsque il est apparu au cours de l'enquête que plusieurs dizaines de policiers présentant le même profil étaient en fonction et qu'il était impossible de les radier des effectifs, vu que la radicalisation est considérée comme n'étant pas un délit tant qu'elle n'a pas entraîné de passage à l'acte criminel. De plus, enquêter sur eux était pratiquement infaisable, vu le manque d'effectifs. Un plus grand nombre encore de fonctionnaires militants religieux étaient employés dans les administrations et les services publics. Ils y exerçaient une action délétère sur les usagers de ces services, notamment sur les jeunes.

Certains citoyens de ce pays se sont demandé à la suite de cet événement si deux incendies ayant détruit des sites industriels très importants, le dernier s'étant produit peu avant l'attentat, n'avaient pas été provoqués par des travailleurs radicalisés employés dans les entreprises concernées (Ceci sans mentionner un incendie suspect dans une église cathédrale de la capitale). Comme les sites industriels de cette nature sont au moins une cinquantaine dans ce pays, beaucoup des nombreuses personnes habitant près des sites concernés commencent à redouter de nouveaux incendies, bien plus meurtriers et qui seraient provoqués par ces mêmes religieux radicalisés.

Les autorités se veulent rassurantes. Rien de cela n'est inquiétant. Toutes les précautions seront prises pour éviter que les « incidents » de cette nature se reproduisent pas. Dormez tranquilles, bonnes gens. Nul ne veut imaginer que ce pays se trouve engagé dans ce l'on nomme maintenant une guerre de énième génération, différente mais à terme aussi meurtrière que les guerres précédentes. Elle proviendrait de pays ou de milieux religieux extrémistes voulant détruire les civilisations se voulant laïques pour s'approprier leurs acquis et prendre leur place dans le monde. 

Il est vrai que prendre au sérieux une telle possibilité imposerait à ce pays fictif des dépenses considérables, vu l'absence totale de moyens mobilisables pour ce combat devenu pourtant vital.  Aucun des intérêts en place ne voudrait actuellement consentir aux sacrifices nécessaires. Mais c'est ainsi que dans l'histoire sont mortes des civilisations qui semblaient les mieux assurées.

05/10/2019
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