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Rethinking consciousness par Michael Graziano

Un nouveau livre sur la conscience (parution 2015). Est-il aussi révolutionnaire que le disent les critiques?

Notre Commentaire

Réaliser un automate conscient est considéré par la plupart des chercheurs comme devant être le but ultime de la robotique de demain. D'autres au contraire considèrent qu'il pourrait être suicidaire pour l'humanité d'atteindre cet objectif. Qui garantirait qu'un tel robot ne se retournerait pas pour diverses raisons contre ses concepteurs comme certains enfants le font contre leurs parents ? Il serait évidemment possible de conserver la possibilité de le déconnecter de ses sources d'énergie, mais en ce cas ce serait lui refuser l'accès à une conscience pleine et entière.

Par ailleurs, un robot conscient réalisé par des humains en aurait les capacités mais aussi les limites. Tout individu relativement conscient sait qu'une infinité de caractères de l'univers échappent momentanément ou échapperont définitivement à sa conscience, ceci pour différentes raisons tenant aux insuffisances de ses sens mais aussi à celles de son cerveau. Serait-il imaginable de réaliser un robot conscient qui s'affranchirait de ces limites ? Pour ce robot, ce qui nous apparaît comme des mystères sans doute définitifs, par exemple l'origine du temps et de l'espace, pourrait-il devenir évident ? On répondra que pour réaliser un tel robot il faudrait disposer de connaissances actuellement inaccessibles. Si nous en étions capables, nous aurions depuis longtemps atteint cet objectif. Mais il serait imaginable que les concepteurs de robots réalisent un jour, sans l'avoir voulu, c'est-à-dire par hasard, un tel robot hyperconscient.

Enfin se posera la question de réaliser une société de robots conscients. Chacun sait que la conscience humaine se construit en grande partie au contact des autres hommes, au sein de groupes sociaux. Pour faire l'équivalent, il faudrait mettre en place des sociétés de robots conscients, afin d'observer ce qui résultera de leurs échanges.

Graziano étudie depuis longtemps la question de la conscience, et de la façon dont elle émerge et se construit. Dans un de ses livres, Consciousness and the Social Brain, il a proposé l'hypothèse de l'attention (Attention Schema theory). Il y suggère que le cerveau construit la conscience de la même façon qu'il trie parmi les flux d'informations qui lui parviennent à tous moments celles qui peut être significatives pour lui à un moment donné. Il ne suppose pas que ces informations représentent la réalité. Mais elles constituent pour lui un outil utile pour permettre à ses actions du moment d'approcher cette réalité. 

Il considère que l'étude de la conscience ne se développera que si cette étude apporte un résultat immédiat et utile. Celui-ci sera la construction d'une conscience artificielle, un défi majeur pour les prochaines décennies. Lorsque l'on obtiendra un ordinateur capable de dialoguer avec les humains en utilisant ne fut-ce que l'embryon d'une conscience, les recherches en vue de construire une conscience artificielle au sens large deviendront une priorité.

Il suggère dans son livre différentes architectures de systèmes informatiques capables de progresser dans cette voie. Ceci est intéressant et devrait être approfondi. Mais comme il le remarque lui-même, de telles machines n'existent pas encore. Il sera donc difficile de juger expérimentalement de la pertinence de ses propositions. L'essentiel cependant est qu'il en fasse une priorité. Cela suscitera peut-être des financements. Mais comme on peut le craindre, les recherches en ce sens seront éssentiellment dans le domaine de l'armement, et resteront couvertes pas le secret-défense.

Pour plus de détails, on pourra lire un article de BEHAVIORAL Scientist qui comporte un entretien avec Graziano

Présentation par l'éditeur

Neuroscientist and psychologist Michael S. A. Graziano puts forward a groundbreaking new theory on the origin of consciousness.

Focusing attention can help an animal find food or flee a predator. It also may have led to consciousness. Tracing evolution over millions of years, Michael S. A. Graziano uses examples from the natural world to show how neurons first allowed animals to develop simple forms of attention: taking in messages from the environment, prioritizing them, and responding as necessary.

Then some animals evolved covert (secrete) attention―a roving mental focus that can take in information apart from where the senses are pointed, like hearing sirens at a distance or recalling a memory.

Graziano proposes that in order to monitor and control this specialized attention, the brain evolved a simplified model of it―a cartoonish self-description depicting an internal essence with a capacity for knowledge and experience. In other words, consciousness.

In this eye-opening work drawn from his and other scientists' experiments, Graziano accessibly explores how this sense of an inner being led to empathy and formed us into social beings. The theory may point the way to engineers for building consciousness artificially, and even someday taking the natural consciousness of a person and uploading it into a machine for a digital afterlife. Graziano discusses what a future with artificial conscious might be like, including both advantages and risks, and what AI might mean for our evolutionary future.

 

 

02/10/2019
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