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Elections locales en Russie

A défaut à ce jour d'élections nationales pour la présidence russe détenue par Vladimir Poutine et son parti « Russie Unie », les observateurs portent beaucoup d'intérêt aux élections locales qui viennent de se tenir en Russie le 8 septembre.

Or celles-ci ont marqué un net recul des candidats se réclamant du soutien de Vladimir Poutine. Ils ne sont pas encore mis en minorité, mais ceci oblige à s'interroger sur l'évidente perte de popularité de celui-ci.

Ce sont les élections pour le Conseil Municipal de Moscou qui ont le plus retenu l'attention. Le parti du leader de l'opposition Alexei Navalny, Russie pour le futur, n'avait pas été autorisé à présenter des candidats, ce qui en soi augure mal de l'avenir d'une démocratie à l'occidentale dans la Russie de Poutine. Mais Alexei Navalny avait demandé à ses soutiens de voter pour les partis les mieux à même de défaire « Russie Unie ». Cette stratégie a eu de bons résultats. « Russie Unie » a perdu un tiers des 38 sièges qu'il contrôlait, sur un total de 45. C'est le « Parti communiste » représentant dans l'ensemble des citoyens regrettant la chute de l'URSS qui en a bénéficié, avec 13 sièges.

Selon une déclaration d'un de ses représentant, Antoine Lukyanov, les électeurs ont surtout voulu dénoncer les importants phénomènes de corruption qui sévissent au Conseil Municipal. Ils ont également voulu protester contre les ressources et les mécanismes de falsification des votes mis en œuvre par le pouvoir pour affaiblir l'opposition. Personne ne peut croire, a-t-il ajouté, qu'un tiers des électeurs sympathise avec les Communistes.

En dehors de Moscou, les résultats de l'opposition n'ont pas été aussi favorables. Dans 16 élections, y compris à St Petersbourg, le parti de Poutine «  Russie Unie », à conservé ses sièges, avec il est vrai des majorités très affaiblies. Néanmoins , avant les élections, des dizaines de milliers de manifestants avaient occupé les rues de Moscou et de St Petersbourg dénoncer les conditions dans lesquelles ces élections avaient été préparées par la présidence. Un large écho avait été donné dans les médias occidentaux à ces manifestations. 2.500 manifestants avaient été arrêtés, quelques uns menacées de longues peines de prison, au prétexte qu'ils servaient de relais à l'Occident, c'est-à-dire en fait aux services spéciaux américains opérant avec une certaine liberté dans la Russie d'aujourd'hui.

On notera que depuis sa réélection en 2018, Vladimir Poutine avais vu les sondages concernant sa popularité s'effondrer. On peut penser que ce phénomène résultait de la stagnation de l'économie et à la réforme des pensions qui avaient été décidées, réformes destinées à diminuer leurs coûts et retardant notamment l'âge du droit à la retraite.

Il est certain que la volonté de Vladimir Poutine de renforcer les dépenses militaires, mettra au point des armes révolutionnaires telles que les missiles hypersoniques et d'aider en ce domaine la Chine ne sont pas compatibles avec les politiques occidentales visant, en principe tout au moins, à encourager la consommation. Mais on peut penser que Poutine devrait l'expliquer plus clairement aux citoyens russes. Il devrait dire que le pays est soumis depuis longtemps à des offensives américaines visant à renverser le gouvernement et lui retirer en conséquence ce que le Pentagone continue à considérer comme insupportable, la possession de l'arme atomique.

Dans un pays en guerre, dont les ressources naturelles et économiques sont limitées, la guerre est la guerre, selon l'expression. La population devrait pouvoir le comprendre, même si les campagnes de désinformations américaines veulent faire oublier cet état de guerre. Mais la population, ayant depuis quelques temps librement accès à l'Internet occidental, est imbibée par l'anti-poutinisme systématique qui y règne.

Ceci ne signifie pas que Moscou ne devrait pas lutter plus efficacement contre les trafics de tous genres qui prospèrent actuellement en Russie. Des trafics semblables, sinon plus graves, se retrouvent aux Etats-Unis, pour ne pas citer l'Europe, mais ils sont plus habiles à se dissimuler. La Chine en ce domaine n'a rien non plus d'exemplaire.

 

10/09/2019
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