Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

La guerre au Yémen (suite)

Au Yemen aujourd'hui trois forces se disputent le pouvoir et en conséquence se font la guerre pour contrôler la ville d'Aden, capitale provisoire après la prise par les Houthis de Sanaa, ancienne capitale.

Il s'agit de la Coalition arabe menée par le prince saoudien Mohammed bin Salman, du Mouvement Séparatistes du Sud Yemen et des rebelles du nord, dits aussi Houthis. 

S'y ajoute une «  Ceinture de sécurité » dépendant d'une autre organisation séparatiste, le Conseil de transition du Sud.. Elle est entraînée et équipée par les Émirats arabes unis. Selon une déclarations faites en juillet par un haut responsable d'Abou Dhabi, la capitale des Emirats, elle pourrait compter jusqu'à 90 000 hommes, ce qui est considérable à l'échelle yéménite.

Les Houthis sont pour le moment encore loin d'Aden. Par contre depuis un mois, la Coalition arabe et les Séparatistes du Sud se livrent à des affrontements acharnés au sein même d'Aden. Celle-ci est transformée en champ de bataille. Les destructions et les morts s'accumulent dans la ville. En dehors des combats terrestres, l'aviation saoudienne ne cesse de bombarder. Ses cibles préférées semblent être ce qui reste d'hôpitaux. Les « organisations humanitaires », notamment Médecins sans frontières, ont été évacuées par le mer. 

Depuis quatre ans, les forces loyales au « président » Abd Rabbo Mansour Hadi, qui vit en exil à Riyad, capitale de l'Arabie saoudite, soutenues par cette dernière, et le mouvement séparatiste du sud Yémen, lui-même appuyé par les Émirats arabes unis, étaient théoriquement alliés contre les Outhis qui contrôlent Sanaa et d'importants territoires au nord et à l'ouest du pays.

Mais, début août 2019, leur alliance ne tient plus. Deux attentats, visant notamment une caserne, ont tué une cinquantaine de soldats et de policiers, appartenant à une force dite de la « Ceinture de sécurité ». Celle-ci dépend de la principale organisation séparatiste, le Conseil de transition du Sud (CTS). Elle est aussi entraînée et équipée par les Émirats arabes unis. Selon une déclaration faite en juillet par un haut responsable d'Abou Dhabi, elle pourrait compter jusqu'à 90 000 hommes, ce qui est considérable pour le Yémen.

Cette double attaque va provoquer, le 7 août 2019, une réaction violente des séparatistes, d'autant que le général Mounir Abou Yamama, un haut responsable du Sud, figure parmi les victimes et que l'une des deux opérations a été revendiquée par un groupe djihadiste avec lequel les forces de Mansour Hadi ont apparemment diverses relations. Les forces de la « Ceinture de sécurité » se sont emparé alors d'Aden, en chassent leurs alliés, les troupes du « président » Mansour Hadi.

Les séparatistes ont bénéficié de l'appui des forces des Émirats arabes unis, en particulier de son aviation, dont les raids ont fait plusieurs dizaines de morts dans les rangs des troupes gouvernementales – Abou Dhabi affirme avoir visé des « milices terroristes » et agi en « légitime défense ».

La prise de la ville a ensuite donné lieu à d'innombrables pillages dans les commerces et les magasins. De  très nombreux partisans du président Hadi, responsables politiques ou religieux, ont été également arrêtés sous l'accusation de terrorisme.

C'est donc un second front qui s'est ouvert au Yémen, une guerre civile dans la guerre civile, qui concerne non seulement Aden mais aussi les gouvernorats de l'ancien Yémen du Sud, en particulier ceux d'Abyan et de Shabwah. Fin août, contre toute attente, les forces gouvernementales ont contre-attaqué et récupéré une partie de la ville, dont, semble-t-il, le palais présidentiel.

Ce qui se joue à Aden est beaucoup plus qu'un épisode de plus dans la guerre entre Yéménites, et, derrière celle-ci, du conflit entre l'Arabie saoudite et l'Iran. La prise d'Aden avec une population d'environ un million d'habitants, témoigne de ce que le camp anti-Houthis est en train de se disloquer.

Il en résulte que le chaos qui règne à présent à Aden, capitale « provisoire » du gouvernement yéménite après la prise de Sanaa par les rebelles houthis, rend encore plus précaire la légitimité du « président » Hadi, dont le gouvernement bénéficie toujours de la reconnaissance internationale. D'autre part, profitant de cet affaiblissement de leurs adversaires, les Houthis vont être en capacité de renforcer leur emprise dans les régions qu'ils contrôlent.  

Ensuite, le fossé apparu ces derniers mois entre les prince héritiers des Émirats et de l'Arabie saoudite qui conduisent la guerre au Yémen, respectivement , Mohammed ben Zayed et Mohammed bin Salmane , risque de se creuser un peu plus. Le premier juge que la guerre n'est pas gagnable, le second entend la poursuivre coûte que coûte.

Rappelons que le Yémen dispose d'un position stratégique, sur les bords de la Mer Rouge et de la mer d'Arabie. Il peut en principe, sinon contrôler l'important trafic maritime dans ces mers, du moins obtenir des rémunérations en échange de sa neutralité. Il est encore impossible à ce jour de prévoir qui des différentes forces en présence, réussira à s'imposer dans ce pays.

Il faut ajouter ce qu'un de nous écrit:

C'est que les Houtis mènent de plus en plus d'attaques aux drônes et missiles balistiques au sein même de l'Arabie Saoudite, et pas seulement à la frontière mais jusqu'à 100 km à l'intérieur.

 

Note

Nous avions précédemment consacré deux articles à la question du Yémen

* Les Etats-Unis et la guerre au Yémen 30/03/2015
http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1710&r_id=

*Yémen. Ce que la France semble ignorer 27/11/2017
http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2777&r_id=


 

08/09/2019
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
A LIRE AUSSI
Les articles de la même rubrique et sur les mêmes thèmes
Aucun
Les articles de la même rubrique
Les articles sur les mêmes thèmes
Aucun
Europe Solidaire