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Le GIEC, un miracle ?

On peut s'étonner de voir que les civilisations modernes, plus aptes à générer des guerres et des destructions, aient pu s'entendre pour mettre en place une institution aussi utile à la survie collective que l'est le GIEC.

Rappelons que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) (en anglais Intergovernmental Panel on Climate Change, IPCC) est un organisme intergouvernemental ouvert à tous les pays membres de l'ONU. Il regroupe actuellement 195 États.Il a été créé en1988 par une initiative conjointe d'un certain nombre de pays, dont à l'époque les Etats-Unis, ayant pris conscience de l'ampleur du réchauffement climatique actuel. Ils s'étaient rendus compte du fait que ce phénomène réputé comme désastreux à terme pour l'humanité résulte essentiellement aujourd'hui du développement des activités industrielles productrices de CO2, principal gaz à effet de serre accélérateur du réchauffement.

Le GIEC dépend de l'Organisation météorologique mondiale et du Programme des Nations unies pour l'environnement.

Selon son statut « Il a pour mission d'évaluer, sans parti pris a priori, et de façon méthodique, claire et objective, les informations d'ordre scientifique, technique et socio-économique qui sont nécessaires pour mieux comprendre les risques liés au  réchauffement climatique d'origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d'éventuelles stratégies d'adaptation et d'atténuation. Il n'a pas pour mandat d'entreprendre des travaux de recherche ni de suivre l'évolution des variables climatologiques ou d'autres paramètres pertinents ».

Les évaluations de ce groupe sont principalement fondées sur des publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue. Le cinquième rapport d'évaluation du GIEC a inspiré l'Accord de Paris, résultat de la COP21 qui s'est tenue au Bourget sous la présidence de François Hollande en 2015.

Les rapports du GIEC ont toujours été accusés de détournement scientifique par les industriels mondiaux du charbon et du pétrole, principaux agents de production de CO2 et s'appuyant sur de rares experts dits « climato-sceptiques. Ils ont prétendu, au contraire de toute évidence, que les travaux des très nombreux scientifiques s'exprimant dans ces rapports étaient financés par les producteurs d'énergies alternatives, solaire, éolien notamment. Aujourd'hui, il est prévisible que le prochain rapport fera l'objet des mêmes campagnes de diffamation. Il s'y ajoute l'opposition virulente de Donald Trump qui voit dans le GIEC un instrument de combat du reste du monde contre ce qu'il nomme encore la « domination absolue » des Etats-Unis.

Il reste qu'en pratique, un minimum d'observations montre que dans le monde et principalement aux Etats-Unis, les activités productrices de réchauffement disposent d'infiniment plus de ressources que celles faisant appel à des énergies propres. Même la Chine, qui se dit convaincue de la nécessité de tenir compte des rapports du GIEC, met encore en place beaucoup plus de centrales à charbon que de centrales nucléaires.

Comme les meilleurs climatologues prévoient pour la fin du siècle des élévations de température moyenne de plus de 3 ou 4 degrés, sinon davantage, par rapport à l'objectif de 1,5 degré considéré comme le maximum souhaitable par le GIEC, il est prévisible que le GIEC sera de plus en plus attaqué, comme n'ayant pas suffisamment anticipé cette catastrophe. Mais ce ne sera pas le GIEC qu'il faudra en tenir responsable.

Les rapports du GIEC 

1990 : Premier rapport d'évaluation. En 1992, le Sommet de la Terre, à Rio de Janeiro, adopte la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, dont découlent les différentes COP.

2007 : Le GIEC se partage le prix Nobel de la paix avec l'ancien vice-président américain Al Gore.

Hiver 2009-10 : Alors que la COP15 de Copenhague est un échec retentissant, le GIEC traverse un moment difficile rude. Au « Climategate » né du détournement de courriels de scientifiques succède la révélation d'une grossière erreur factuelle au sujet des glaciers himalayens. L'Indien Rajendra Pachauri, qui préside l'organisme, est accusé d'une double affaire de conflits d'intérêts et de harcèlement sexuel.

2013-14 : Le cinquième rapport d'évaluation est la pièce maîtresse de l'Accord de Paris, fruit de la COP21 qui se déroule au Bourget en 2015.

2015 : Alors que le GIEC entre dans son sixième cycle, l'économiste sud-coréen Hoesung Lee est élu à la tête de l'organisme. Quatrième président du GIEC, il succède à un Rajendra Pachaudi obligé de démissionner

2021 : Date prévue pour la publication du sixième rapport. Le rapport de synthèse est attendu en 2022.

Pour en savoir plus sur l'actualité de cette question, voir entre autres

https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/climat-dans-les-coulisses-du-giec-1127392

https://www.climatechangenews.com/2018/02/13/leaked-draft-summary-un-special-report-1-5c-climate-goal-full/


Image 0uragan Dorian, trajectoire prévue au 03/09. Source US National Oceanic and Atmospheric Administration

De tels ouragans ont déjà été enregistrés, mais avec l'échauffement de température, ils devraient devenir bien plus fréquents et dévastateurs

03/09/2019
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