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Qu'appelle-t-on antitourisme ?

 Selon l'organisation mondiale du tourisme (OMT), le nombre de touristes dans le monde en 2030 devrait atteindre les 1,8 milliard. « En 2018, 1,4 milliard de personnes se sont rendues dans un pays à l'étranger (avec au moins une nuit sur place)» .

Les sites et pays recevant ces milliards de touristes s'en réjouiront sans doute, escomptant les bénéfices à court terme pouvant en résulter pour eux. Mais selon Rodolphe Christin, ils feraient mieux de s'en inquiéter et de prendre des mesures radicales pour limiter cette invasion

Rodolfe Christin est l'auteur du Manuel de l'antitourisme et de L'Usure du monde. Ces deux ouvrages ont été récemment publiés et sont accessibles en e-books. Dans un entretien publié par Sputnik , il expose les raisons de son inquiétude. On peut y lire que: 

Le tourisme d'une manière générale, et non pas uniquement le tourisme de masse, comporte intrinsèquement des dangers. Le tourisme est une industrie comme les autres, qui a pour ambition de se développer toujours plus, poussé par une logique de recherche de profits maximums comme tout système capitaliste. Le tourisme n'échappe en rien à des logiques qui prévalent pour toute l'industrie. Ce sont donc des problématiques sociales parce que le tourisme occupe l'espace habité par des gens qui vivent sur place. Lorsque le tourisme est très développé, ils ont de plus en plus de mal à vivre normalement leur vie quotidienne parce que lorsque le nombre de visiteurs devient important, l'offre de biens et services se met à leur service, au détriment des résidents.

Pour lui, il est évident que les diverses entreprises commerciales et collectivités locales bénéficiant de ce tourisme s'efforcent de le développer. Elles ne veulent pas voir que devenant un surtourisme, il détruit progressivement les lieux, les sociétés et les cultures où il se déploie. Devant ces destructions, les populations touchées commencent à se révolter. Les bénéfices qu'elles en tirent sont de moins en moins perceptibles au contraire des dépenses croissantes que leur impose ce surtourisme. D'où ce concept d'antitourisme qui commence à s'imposer.

Nous pensons pour notre part que la cause du mal découle de deux phénomènes impossibles à limiter, la croissance encore irrésistible des effectifs démographiques, notamment en Afrique et surtout le désir qu'auront les populations du monde à améliorer leur niveau de vie. Cette amélioration se traduit, dès maintenant, par la croissance de leurs besoins alimentaires qui entraîne une surconsommation de produits agricoles de plus en plus sophistiqués et le développement de besoins en viande et poissons contribuant à l'épuisement des terres et des mers. Mais bien peu en moyenne n'exigera une anti-amélioration des niveaux de vie.


 


 


 


 


 

10/08/2019
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