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Fin possible prochaine de l'anthropocène

Les paléoanthropologues se sont accordés il y a plusieurs décennies pour nommer anthropocène l'histoire de la Terre où celle-ci a commencée à la fin de l'holocène à être transformée en profondeur par l'action des hommes.

L'on considère que cette action a résulté d'une évolution spontanée, comme toutes celles ayant précédé, sans provenir d'une démarche volontaire des humains.

Aujourd'hui, beaucoup de scientifiques considèrent que la Terre est entrée dans une nouvelle ère, qu'ils nomment généralement l'ère numérique ou computationnelle, parfois nommée noocène 1). Dans celle-ci l'explosion en cours des technologies de l'information et du calcul, s'étendant progressivement au monde entier, laisse penser que les systèmes computationnels vont progressivement transformer en profondeur les sociétés humaines et en conséquence l'histoire entière de la Terre.

Faut-il considérer que cette évolution sera volontaire, autrement dit résultant de décisions délibérées des humains, ou spontanée, comme les précédentes. A priori, on pourrait penser que les progrès actuels très rapides des ordinateurs et des réseaux associés sont décidés par les ingénieurs, les plate-formes à haut-débit, les utilisateurs. Tous voudraient améliorer sans cesse les services qu'ils attendent de la société numérique. Cependant, certains commencent à penser que ce développement se fait spontanément, à la suite de la demande constamment renouvelée et complexifiée de milliards d'utilisateurs. 

Non seulement il se ferait spontanément mais il laisserait apparaître des logiciels dits intelligents dits aussi autonomes, qui auraient leur propre logique de développement sans que les humains décident en quoi que ce soit ce que doit être cette logique. Ces logiciels pourraient être utiles à ces derniers, mais ils pourraient leur être, d'une façon ou d'une autre, nuisibles. Plus exactement, ils ne seraient pas nuisibles à tous, mais ils viendraient en conflit direct avec les objectifs de la morale commune en cours dans les sociétés considérées. produisant finalement une dégradation de celle-ci.

On cite souvent à cet égard le cas des logiciels intelligents autonomes permettant sans intervention direct des militaires d'augmenter considérablement les effets destructeurs des systèmes d'armes, logiciels que les militaires conservent après avoir constaté l'efficacité qu'ils apportent aux armements.

Mais c'est dans le domaine des futurs robots dits intelligents ou autonomes que la question est posée. Ils pourraient se répandre dans les sociétés numériques , en produisant des résultats éventuellement catastrophiques. Certes, on dira que de tels robots resteront encore longtemps sous contrôle de leurs concepteurs ou utilisateurs humains. Mais qu'en sera-t-il à l'avenir. On cite souvent à cet égard l'exemple des virus apparaissant spontanément et provoquant des épidémies meurtrières, ainsi dans le domaine des relations sexuelles. Les épidémiologistes se veulent rassurants, en affirmant qu'il suffirait de recommander l'abstention dans le domaine des relations sexuelles à risques aux individus désireux de lutter contre leur propagation. Mais chacun sait que ces recommandations ne seraient jamais appliquées dans la totalité des relations sexuelles intéressant potentiellement des millions de couples.

Si des robots intelligents autonomes apparaissaient à grande échelle, rien ne permet d'affirmer que les futures sociétés numériques pourraient les empêcher de nuire. Ceci surtout si de tels robots étaient considérés comme indispensables aux politiques de défense. Dans le cas de l'arme atomique, des consensus collectifs avaient permis jusqu'à ce jour d'interdire leur usage dans le cadre de traités internationaux s'imposant à tous. Mais l'on sait aujourd'hui que, tout au moins dans le cas des têtes nucléaires dites à faible capacité de destruction, le Pentagone envisage leur emploi. Cet exemple sera peut-être suivi par d'autres puissances. Des guerres mondiales nucléaires pourraient en résulter, provoquant la disparition de l'humanité. Pourquoi ne serait-il pas de même des futurs robots intelligents autonomes qui présenteraient un intérêt militaire suffisant pour que les différentes armées décident de courir le risque de les utiliser.

Autrement dit, l'anthropocène disparaîtrait peu de temps après son apparition.

1) James Lovelock l'appelle Novacène. Ce scientifique visionnaire, inventeur du concept de Gaïa, aujourd'hui agé de 100 ans, vient de publier un ouvrage très optimiste, Novacene, the coming age of super-intelligence. Mais comme nous l'indiquons ici, les super-intelligences ne seront pas nécessairement intéressées par l'avenir de l'espèce humaine telle que nous la connaissons. Voir NewScientist 27 juillet 2019, p.45 The chemical-physical type of humanity has had its time

 

05/08/2019
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