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En quoi l'augmentation de la dette mondiale est-elle redoutée ?

En matière de dette, qu'elle soit publique ou privé, on distingue traditionnellement les bons emprunteurs et les emprunteurs dangereux.

Les premiers empruntent pour investir notamment, dans le domaine des activités de production, augmentant les capacités de remboursement à terme des emprunts. Ainsi emprunter pour se doter d'une capacité industrielle susceptible de répondre le moment venu à la demande de consommation, ou à de nouveaux besoins d'équipement, a toujours été admis par les banquiers préteurs les plus sourcilleux. Emprunter pour augmenter les capacités de consommation sans augmenter le potentiel productif peut être acceptable à court terme,mais désastreux à terme. Il se traduit notamment par des défauts de paiement, ou des faillites, affectant les entreprises productives comme les collectivités publiques qui comptent sur elles pour contribuer à l'équilibre des budgets.

Ces faillites peuvent se cumuler au niveau mondial, provoquant des crises économiques telles que la crise de 1929, dont le souvenir n'a pas été oublié. On estime généralement que les deux dernières guerres mondiales ont été provoquées, au moins en partie, par des gouvernements européens incapables de faire face à leurs déficits budgétaires.

On entend souvent dire aujourd'hui, au moins dans les pays occidentaux, qu'une nouvelle crise mondiale de cette nature serait en train de se préparer. Ceci pourrait être catastrophique notamment pour toutes les activités indispensables à la lutte contre les causes ou les effets du réchauffement climatique.

Cependant, au niveau mondial, il est impossible aujourd'hui d'évaluer le niveau des dettes, le montant de leur augmentation ou la responsabilité des Institutions financières ou des gouvernements contribuant à cette augmentation. On ne dispose que des mises en garde provenant des institutions financières. Il est toujours possible d'en mettre en doute la bonne foi, mais il faut s'en contenter.

Une dette mondiale atteignent 320 % des PIB (Produits intérieurs brut) globalisés.

Ainsi, selon le rapport de l'Institut de la finance internationale (IIF), au premier trimestre 2019 la dette mondiale a augmenté de 3.000 milliards de dollars en glissement annuel pour établir un nouveau record à 246.000 milliards de dollars, soit presque 320% du PIB mondial.

Dans les pays développés, les dettes ont augmenté de 1.600 milliards jusqu'à 177.000 milliards de dollars. La responsabilité principale en incomberait aux les États-Unis, où la dette a atteint 69.000 milliards de dollars - dont 22.000 milliards de prêts publics qui continuent de s'accumuler à cause des besoins illimités du gouvernement fédéral, notamment dans le domaine militaire.

En juillet, le Centre américain de la politique bipartite (BPC) a rappelé que les USA risquaient un défaut de paiement dès septembre si les congressistes n'augmentaient pas de nouveau le plafond de la dette publique. Et ils l'ont fait. Ils ont repoussé l'échéance de deux ans, jusqu'au 31 juillet 2021. Autrement dit, ils ont autorisé le gouvernement à s'endetter sans limite. Selon les prévisions du Trésor américain, les emprunts courants dépasseront 1.000 milliards pour la deuxième année consécutive.

.Les analystes de l'IIF constatent que cette dette mondiale immense et incontrôlée résulte de la politique des banques centrales mondiales, qui créent sans cesse de nouvelles quantités de monnaie. Les gouvernements, les sociétés et les particuliers empruntent pour ce qu'ils nomment officiellement le développement économique. Mais en l'absence de croissance, absence augmentant les déficits, ils empruntent encore davantage, profitant des taux d'intérêts bas demandés par les plus grandes banques centrales.

Or selon l'IIF, ce sont les pays émergents qui ont le plus contribué à la hausse de la dette globale. Leur dette a dépassé 69.000 milliards de dollars soit 216,4% de leur PIB. La plus forte hausse a été enregistrée au Chili, en Corée du Sud, au Brésil, en Afrique du Sud et au Pakistan. Ces pays ne disposent pas d'une expérience suffisante pour la gestion de la dette à long terme. Dès que l'un d'eux enregistre une dette qu'il ne peut rembourser, il emprunte davantage ou crée plus de monnaie, ce qui est équivalent.

Le phénomène affecte aujourd'hui en particulier la Chine. En deux décennies sa dette a quadruplé pour atteindre presque 300% du PIB. Le secteur des entreprises, où prédominent les compagnies publiques, a emprunté 21.000 milliards de dollars, soit 155% du PIB et presque deux tiers de la dette totale. A titre de comparaison, la dette des entreprises au Japon s'élève à 100% du PIB, et aux États-Unis à 74%. Dès à présent, de nombreuses compagnies admettent des défauts sur les obligations en déposant le bilan. L'an dernier, 18.000 sociétés ont fait faillite en Chine, alors que le niveau de défauts sur les obligations a dépassé cinq fois l'indice de 2015.

L'Organisation de coopération et de développement économiques avait indiqué plus tôt que le niveau élevé et instable de la dette chinoise risquait d'entraîner de nombreux défauts d'entreprises. Les économistes occidentaux sont persuadés que la situation actuelle indique une bombe à venir, à commencer en Chine. La dette excessive, couplée au ralentissement économique, est un précurseur notoire de récession majeure.

03/08/2019
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