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La revue Military Watch Magazine

Dans un domaine où les informations sont sévèrement contrôlées par les gouvernements, la revue américaine Military Watch Magazine fournit un nombre considérable de précisions concernant l'état des armements dans le monde, tant en ce qui concerne le monde dit atlantique que le monde dit russo-chinois.

La page référencée ici, about us, précise les objectifs et les domaines couverts par le magazine : les domaines d'affrontements et les moyens déployés dans les différentes zones de conflits ou de tensions militaires du monde, les nouvelles armes et technologies en service ou en cours de développement, et plus généralement toutes informations concernant l'actualité militaire dans le monde. 

On peut penser que le magazine est lu attentivement par tous les décideurs en charge des budgets et de l'emploi des forces, ainsi que des nouveaux domaines à couvrir, notamment en ce qui concerne la modernisation des armements terrestres, aériens, navals et aujourd'hui satellitaires. Mais elle devrait intéresser également les partis politiques et les citoyens s'intéressant aux questions de défense et aux décisions à prendre dans chaque pays en ces domaines.

La lecture de Military Watch Magazine est cependant difficile. Non seulement il faut connaître l'anglais et les termes militaires utilisés, mais il faut savoir se repérer dans les très nombreuses pages qu'elle met à disposition du lecteur. Y accéder demande une grande expérience de l'édition en ligne, d'autant plus que les nombreux thèmes de classification ne sont pas d'emblée proposés avec clarté. Une certaine expérience du site doit être acquise pour exploiter utilement les informations qui s'y trouvent.

Mais la première question que se posera le lecteur sera celle du degré de confiance à accorder aux auteurs qui s'y expriment, comme évidemment aux sources qu'ils consultent ou qu'ils citent. Sur ces points, il faut faire confiance à la volonté d'informer objectivement qu'affichent les journalistes d'investigation qui s'y expriment. Rien n'empêchera cependant le lecteur de recouper les informations qu'ils y trouvent, à supposer qu'ils disposent de références qu'ils jugent plus fiables. Il serait évidemment utile de pouvoir faire appel à une presse spécialisée provenant de Russie ou de Chine et n'utilisant pas l'anglais comme langage véhiculaire. Mais seuls les services de renseignements sont convenablement équipés pour le faire.
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On lira-ce dessous la traduction en français d'un article intitulé  « L'état de décrépitude de la Royal Navy face à l'Iran » que propose le site De Defensa dans un article consacré aux tensions militaires dans le Golfe Persique et aux moyens militaires que la Royal Navy pourrait y affecter pour répondre aux exigences américaines visant à y s'opposer à l'Iran, notamment à la suite de la saisie le 4 juillet dans le détroit de Gibraltar d'un pétrolier affrété par l'Iran qui y transitait.

 Les tensions navales avec l'Iran éclairent l'état de décrépitude de la Royal Navy.

L'état actuel et les capacités de la Royal Navy britannique laissent beaucoup à désirer, ce qui remet sérieusement en question sa capacité à faire pression sur l'Iran...

En termes de capacité de combat, la Royal Navy britannique a considérablement diminué en taille et en fiabilité. A partir d'une flotte de 4 porte-avions, 13 destroyers et 47 frégates dans les années de la fin de la guerre froide jusqu'en 1991, la Grande-Bretagne ne dispose aujourd'hui que d'un seul porte-avions, de six destroyers et de 13 frégates. Le seul porte-avions, le HMS Queen Elizabeth, a souffert de graves problèmes de fiabilité, notamment une avarie récente assez grave pour le forcer à interrompre sa mission et à revenir à son port d'attache.

Les destroyers Type 45 sont non seulement de plus en plus dépassés par ceux de puissances rivales telles que la Chine et les États-Unis, mais souffrent également de problèmes de fiabilité extrêmes. Leurs moteurs diesel Rolls Royce se seraient “dégradés de façon catastrophique” dans des climats chauds comme ceux que l'on trouve dans le détroit d'Ormuz ou dans les eaux de l'Asie du Sud Est. Une flotte de six destroyers est considérée comme extrêmement petite pour une puissance militaire autoproclamée “de premier niveau”, soit le même nombre de navires de ce type que la Chine ajoute à sa flotte chaque année et plus de 85 % de moins que la flotte de destroyers du Japon malgré des niveaux de dépenses similaires. Les navires de guerre sont de plus en plus dépassés qualitativement et quantitativement par les puissances rivales, avec une portée d'engagement de seulement 125 km avec des missiles mer-mer se déplaçant à des vitesses subsoniques extrêmement faibles. Les missiles de ce type de plus de 800 km de portée deviennent de plus en plus la norme dans les autres flottes modernes. La plus grande faiblesse des destroyers, cependant, est que les exigences extrêmes d'entretien et leur faible fiabilité signifient que seuls 2 à 3 unités sont opérationnelles en même temps. En fait, la question est tout simplement de savoir si la Royal Navy est encore capable d'assumer les coûts opérationnels d'une flotte plus importante que celle dont elle dispose. 

La flotte britannique de frégates plus légères de la classe Type 23 ne s'en tire guère mieux que la flotte de destroyers, avec 6 unités non opérationnelles sur les 13 actuellement en service. On s'attend à ce que bon nombre de ces navires de guerre servent pendant plus de 35 ans avant que des navires de remplacement viables ne soient disponibles à la fin des années 2020, et ils sont déjà considérablement dépassés, ce qui accroît les nécessités d'entretien et accroit leur vulnérabilité par rapport à leurs adversaires potentiels. Les nouvelles unités de remplacement de la classe Type 31 sont largement considérés comme des corvettes et, bien que plus récentes, elles ont été conçues principalement pour minimiser les coûts et ne sont pas jugés capables d'atteindre le niveau opérationnel d'une frégate. L'économie britannique ne montrant aucun signe d'amélioration marquante dans un avenir prévisible, il est peu probable que le budget d'austérité actuel de la Royal Navy soit revu à la hausse, ce qui signifie que le déclin de la flotte devrait se poursuivre. Comme l'a fait remarquer [ à propos de la situation des frégates] Iain Ballantyne, rédacteur en chef du magazine Warships édité à Plymouth : “Les plus vieux Type 23 auront 30/35 ans lorsque les Type 26 arriveront... C'est vieux en termes de navires de guerre. Les vieux navires coûtent plus cher à entretenir et tombent plus souvent en panne. Avec la montée en puissance de la Russie et de la Chine, l'instabilité dans le Golfe et les exigences de sécurité navale des Malouines et des autres territoires britanniques d'outre-mer, avec une marine d'une puissance réduite de moitié par rapport à 1991, c'est 'a perfect storm' [une situation catastrophique]qui se profile.”

 Enfin, la capacité de la Grande-Bretagne à projeter sa puissance outre-mer continue de se dégrader sérieusement et, compte tenu des considérations en cours pour une réduction des acquisitions prévues d'avions de chasse F-35B et de sous-marins nucléaires, cette situation pourrait encore s'aggraver. Les plans de modernisation de la flotte, bien que loin d'être ambitieux, ont constamment été jugés inabordables. Il convient également de noter que même si la Grande-Bretagne n'a qu'un seul porte-avions en service, la seule classe d'aéronefs à voilure fixe qu'elle est en mesure de déployer, le F-35B, est considérée comme très loin d'être prêt au combat et ne le sera probablement pas avant de nombreuses années. Ainsi, même si les problèmes avec le porte-avions lui-même sont résolus, le HMS Queen Elizabeth fonctionnera principalement comme porte-hélicoptère pour les missions de combat dans un avenir prévisible. S'il est peu probable qu'il y ait jamais eu une “option militaire” britannique réaliste pour affronter l'Iran, l'état actuel de la Royal Navy signifie que même les perspectives d'exercer une pression militaire par une présence accrue dans le Golfe sont extrêmement douteuses

On notera que l'article du Magazine ne remet pas en cause le choix désastreux de la Royal Navy concernant la version embarquée du F-35, toujours incapable de voler.

L'original est accessible en anglais sur le site de Military Watch Magazine Maritime Tensions With Iran Highlight Decrepit State of British Royal Navy

Image. Armements britanniques, notamment haut droite Destroyer type 45 et bas gauche Frégate type 23

Note au 01/08

Nous recevons ce message envoyé par Dominique Delawarde

On savait tout cela. Mais il est toujours bon de le redire et cet article
vient à point nommé.

Le problème est que l'état des flottes françaises et allemandes est le
même que celui de la flotte anglaise et que l'état des forces terrestres et
aériennes de la composante UE de l'OTAN ne vaut guère mieux.

La composante US de l'OTAN a, elle aussi, beaucoup baissé qualitativement et
quantitativement depuis 1990 (les dividendes de la paix .....)

Je ne cesse de répéter que l'Otan n'est plus ce qu'elle était en 1990.

C'est aujourd'hui une addition de faiblesses qui nous interdit de rentrer en
guerre pour un conflit majeur que nous serions quasi-assuré de perdre.

Je vous renvoie à mon article du 2 juin 2017: Les Européens, combien de
divisions ? 

https://reseauinternational.net/les-europeens-combien-de-divisions/

 

 

 

31/07/2019
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