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Le Rapid Alert System (RAS) de l'Union Européenne

Selon la Commission européenne, le Rapid Alert System (RAS) qui vient d'être mis en place par le Conseil Européen et s'applique de facto à tous les Etats-membres, est un des quatre piliers du Plan d'Action contre la Désinformation décidé par le Conseil en Décembre 2018.

Le RAS intéresse les institutions de l'UE et les Etats-membres. Il doit faciliter l'échange d'informations concernant les campagnes de désinformation dont les Européens peuvent être victimes et pour coordonner les réponses à celles-ci. Il repose sur des données échangées par Internet en open-source. Il intéressera en priorité les universités, les plate-formes d'échange, et les partenaires internationaux. Pour plus de détails, on consultera le document publié par les services de l'UE sous le titre RAPID ALERT SYSTEM STRENGTHENING COORDINATED AND JOINT RESPONSES TO DISINFORMATION

Le dispositif a été initialement mis en place pour combattre les fausses informations diffusées par des producteurs ou vendeurs de produits commerciaux, notamment des produits destinés au marché de l'alimentation, ceci afin d'augmenter le nombre de leurs acheteurs-consommateurs. Mais dans ce domaine où les intérêts s'opposent violemment, les fausses informations sont difficiles à distinguer de toutes celles faisant l'objet de campagnes de publicité. Les faussaires et fraudeurs savent très bien leur donner une apparence honorable.

Le Conseil Européen, en sa grande sagesse, a donc considéré que les administrations publiques et autres institutions en charge de ce que l'ose pas encore appeler une censure politique, pourraient plus utilement faire appel au RAS. En effet, il est implicitement considéré que seuls la Russie ou des agents logiciels opérant a son profit pourraient tenter d'imposer des fausses nouvelles aux médias et à l'opinion publique des Etats-membres. Aussi bien le Plan d'Action contre la Désinformation vise en priorité, sans employer ce terme, la propagande politique dissimulée attribuée à la Russie et à la Chine.

Ces fausses nouvelles provenant de Russie et de ses médias viseraient à justifier l'action politique de la Russie, tant au plan interne qu'international. Mais elles viseraient également à dénoncer les différentes politiques américaines dont l'objectif est de défendre ou étendre l'influence de Washington dans le monde. Il va de soi que jamais les Etats-Unis et plus largement l'UE ne diffuseraient de fausses informations concernant leur action dans le monde.

Le RAS a donc reçu un accueil enthousiaste des gouvernements européens et des institutions encore très largement influencés par la politique américaine. Il faut donc s'attendre dans les prochains mois à voir accuser de fausse information tous ceux qui en Europe voudraient lutter contre le fait d'attribuer à la Russie et à ses agents les divers dysfonctionnements pouvant affecter les institutions européennes.

Curieusement, à ce jour, le RAS n'a pas pu détecter d'interférences russes dans les médias européens. 

La loi française qui vient d'être adoptée en France et destinée à lutter contre les fake news s'inspire très largement de la politique des institutions européennes en ce domaine. Il est remarquable de constater que dans le débat à ce sujet aucune voix ne s'est élevée en France pour évoquer les innombrables fausses ou contre-informations d'origine américaine qui contaminent le web français.

 

 

09/07/2019
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