Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

Instex ou un substitut aux échanges en dollars

Depuis deux ans, la Maison Blanche menace de « sanctions » unilatérales tous les pays qui refusent de reconnaître les règles qu'elle impose à l'ordre mondial en vue de faire prévaloir les seuls intérêts américains.

C'est le cas en particulier de ceux qui refusent de quitter le  Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) par lequel l'Iran avait convenu de ne pas se doter d'armes nucléaires, ce que les pays signataires, y compris la Chine et la Russie avaient décidé de reconnaître en reprenant des échanges commerciaux normaux avec Téhéran.

Cependant, il y a un environ, les Etats-Unis s'étaient retirés de ce Traité qui venait à l'encontre de sa volonté déterminée d'affaiblir, sinon de détruire l'Iran. Les autres signataires du Traité avaient catégoriquement refusé de faire de même, ce que Washington qui y a vu une atteinte insupportable à sa souveraineté avait décidé de sanctionner par divers mesures menaçant leurs intérêts, notamment commerciaux. Ils ont visé en premier lieu les échanges en dollars, prenant prétexte de leur droit de modifier à leur guise la valeur du dollar.

Le Japon, la Grande Bretagne, l'Allemagne et la France ont décidé de réagir en mettant en place un instrument leur permettant de se passer du dollar dans leurs échanges et d'échapper en conséquence aux sanctions américaines. Lors du dernier G20, ces pays ont annoncé la mise en place d'un nouveau mécanisme d'échange nommé Instrument in Support of Trade Exchanges (Instex) qui permettra aux entreprises décidant de continuer à travailler avec l'Iran de le faire en se passant du dollar et plus généralement du système d'échanges SWIFT qui fonctionne en dollar et est de facto contrôlé par Washington. Si ce dispositif fonctionne à la satisfaction de ses promoteurs, il pourra être étendu à tous les échanges libellés en dollars. 

On rappelle que depuis quelques mois, la Chine et la Russie avaient tenté de remplacer le dollar dans leurs échanges par une monnaie libellée en yuan et en rouble. Mais comme cette nouvelle unité n'était pas reconnu au plan international, elle n'a eu que peu de succès auprès des entreprises chinoises et russes commerçant avec le reste du monde.

Les principaux grands Etats européens pour leur part avaient mis en place une monnaie commune, l'euro. L'un des objectifs était d'échapper à la tyrannie du dollar. Ils ont convenu en 1999 de créer une « zone euro » regroupant tous les pays, européens stricts ou voisins, acceptant de commercer en euro. Une Banque Centrale Européenne (BCE) a parallèlement été chargée de le gestion de l'euro.

Malheureusement seuls 19 Etats-membres de l'Union européenne sur 28 acceptent d'utiliser l'euro. Par ailleurs les grandes entreprises européennes commerçant sur le marché mondial ont été forcées d'en revenir au dollar pour leurs opérations internationales, devant le refus absolu de leurs partenaires américaines de reconnaître l'euro comme monnaie d'échange.

C'est une des raisons pour lesquels l'Allemagne et la France ont décidé de participer au projet Instex. Si celui-ci atteint son but, qui est dans l'immédiat de pouvoir continuer à commercer avec l'Iran sans encourir les sanctions américaines, il est probable qu'avec quelques aménagements il soit étendu à tous les Etats voulant d'une façon générale échapper au pouvoir exorbitant que donne le dollar à la Banque fédérale américaine et plus généralement à Washington. Les Etats-Unis peuvent en effet décider seuls, en manipulant notamment l'émission de dollar, des quantités de dollars en circulation et par conséquent de son cours international.

Il s'agirait alors d'une petite révolution, dont l'importance ne devra pas être sous-estimée. 

Note au 06/07

Dans la 2e partie de cet article, Pepe Escobar indique qu'il n'attend pas grand chose de Instex. C'est un point de vue à prendre en considération. 
https://russia-insider.com/en/us-iran-tensions-briefly-forgotten-amidst-international-brouhaha-over-14-gassed-russian-sailors

06/07/2019
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire