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Echec politique américain prévisible au Sri Lanka

Le Sri Lanka (anciennement Ceylan) est un pays insulaire situé au sud de l'Inde, dans l'océan Indien. Sa position géographique est stratégique du fait qu'il commande potentiellement tout le trafic maritime contournant l'Inde et à destination de l'Europe.

Ceci explique que depuis longtemps les Etats-Unis ont cherché à y établir des bases logistiques et militaires. Mais les Sri Lankais s'y sont toujours refusé. Ils souhaitent, comme les Indiens jusqu'à ce jour, jouer un rôle médiateur entre les Etats-Unis, la Chine relativement proche et la Russie.

Récemment, le 21 avril, un attentat meurtrier s'y est produit. Il a tué 259 personnes et blessé plus de 500. La police Sri Lankaise, vraisemblablement mal renseignée par un agent de la CIA, avait attribué l'attentat au terrorisme islamique. Ceci avait permis aux Etats-Unis de déployer des militaires de l'US Indo-Pacific Command, très présent dans le pays, pour « aider » le Président Sri lankais Sirinesa à combattre l'Etat islamique. Cependant le 1er juillet, le président Sirinesa a indiqué que ses services, sans aucune aide de l'US Indo-Pacific Command, avaient pu attribuer l'attentat à des trafiquants de drogues, qui prolifèrent dans le pays.

Ceci malheureusement pour Washington qui avait profité de l'attentat pour relancer la signature d'un Status of Forces Agreement (SOFA) utilisé pour permettre la présence de bases américaines dans les pays du continent qui demandent l'aide militaire des Etats-Unis. Malheureusement pour les Américains, les négociations qui devaient se tenir dans un secret absolu ont été révélées à un journal de Colombo, la capitale. La nouvelle a provoqué une émotion générale dans l'opinion.

Mais les Etats-Unis n'ont pas renoncé. Ils ont poursuivi devant la cour de Californie un certain Gotabaya Rajapaksa, le candidat sri-lankais à la succession de Sirinesa lors des élections présidentielles de décembre 2019. Celui-ci, qui avait le tort à l'époque d'avoir la double nationalité, est accusé d'avoir commis des crimes contre l'humanité 10 ans plus tôt lors d'une guerre contre les séparatistes d'un certain mouvement dit LTTE ou Tigres de libération de l'Îlam Tamou. S'il était condamné, ceci l'empêcherait de se présenter à la présidence du Sri Lanka comme prévu par Sirinesa. Une crise politique d'ampleur pourrait en résulter, dont les Américains tireraient profit pour relancer la signature du SOFA, avec de meilleures chances d'aboutir.

Ceci tomberait bien pour eux alors que des navires de guerre de la 7e Flotte, dont le porte-avions USS John C. Stennis, se trouvent au Sri Lanka dans le but non avoué de préparer l'implantation de bases militaires et navale (hub) dans le pays, permettant à l'US Navy d'intervenir plus facilement dans l'océan Indien. Selon des observateurs, il ne s'agirait pas seulement de préparer la mise en place de bases, mais de commencer à faire du Sri Lanka tout entier un territoire militaire américain.

L'Inde dans ce cas aurait nécessairement son mot à dire. Il est probable aujourd'hui, alors que le poids politique des Etats-Unis est en recul, qu'elle pourrait se rapprocher de la Chine afin de défendre leurs intérêts communs de stabilité et de sécurité dans la région. Ceci exclurait toute base américaine au Sri Lanka.

Pour plus de détails
Voir de l'indispensable M.K. Bhadrakumar, dont nous nous sommes largement inspirés

https://indianpunchline.com/us-eyes-sri-lanka-as-its-military-logistics-hub/

 

 

 

 

 

04/07/2019
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