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Réunion du G20 à Osaka le 18 et 19 juin 2019

On peut se demander quel est l'intérêt d'un G20 qui réunit des grandes puissances aussi opposées les unes aux autres que sont les Etats-Unis d'une part, la Russie et la Chine d'autre part, la France tentant de jouer un rôle modérateur mais sans aucune chance sérieuse de se faire écouter vu les faibles moyens dont elle dispose.

Cependant mieux vaut pour elles se rencontrer que mener chacun de son côté de véritables guerres commerciales et politiques qui dans la pire des hypothèses pourraient mener à de véritables guerres. Quelles conclusions pourrait-on ici en retenir ?

* Donald Trump et Xi Jinping ont annoncé avoir conclu  une trêve dans leur guerre commerciale, sans pour autant préciser les conditions et les modalités de cette reprise du dialogue entre les deux premières économies mondiales. "Nous avons eu une très bonne rencontre avec le président Xi, je dirais même excellente", a déclaré Donald Trump, estimant que les deux rivaux étaient "à nouveau sur la bonne voie". Ceci pourrait correspondre à la constatation faite par les entreprises américaines que l'augmentation continue des tarifs imposée précédemment par Donald Trump pour obliger Pékin a plus de docilité pénalisait sévèrement ces entreprises en augmentant le coût de leurs considérables sous-traitances à la Chine.

Pour pouvoir ne plus dépendre des sous-traitances à la Chine ou à d'autres pays asiatiques, les entreprises américaines, comme d'ailleurs leurs homologues européennes, devraient procéder à des investissements considérables qu'elles n'ont pas les moyens de consentir, sauf à accepter d'augmenter leurs prix de vente à leurs propres consommateurs. Mais ceux-ci, tant que les frontières ne seront pas complètement fermées, chercheront à s'approvisionner en produits chinois. Ceci permettrait aux entreprises chinoises d'investir pour ne pas se présenter sur le marché international comme n'offrant que des sous-traitances à bas coûts, au lieu de véritables valeurs ajoutées.

* Accord de Paris sur le climat. Comme l'on pouvait s'y attendre, Trump a confirmé qu'il ne signerait pas l'accord sur le climat accepté par les 19 autres membres. Ceci aurait mérité l'indignation, compte tenu de l'importance sur la production de C02 et l'émission de chaleur résultant  des activités américaines. On peut craindre que beaucoup de pays se satisfassent de l'égoïsme américain. Ils y trouvent prétexte pour ne prendre en ce qui les concerne que des mesures superficielles. La réaction d'Emmanuel Macron, principal défenseur de cet accord, aurait du être beaucoup plus virulente.

Il faut dire que l'on voit mal concrètement les mesures d'application incombant aux 19 membres susceptibles de faire l'unanimité. Les intérêts, pour ne pas dire les égoïsmes nationaux ou régionaux, continueront à l'emporter.

* L'Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) sont parvenus vendredi soir à conclure un traité de libre-échange en bonne et due forme. Mais la ratification sera difficile, ce traité suscitant l'inquiétude des agriculteurs européens face à un afflux de produits sud-américains, en particulier brésiliens. De plus, quelle autorité internationale commune pourra constater et mieux encore sanctionner les nombreuses décisions protectionnistes que prendront inévitablement à l'avenir chaque pays ou groupes de pays, compte-tenu de leurs intérêts particuliers ? 

Relations diplomatiques.

* Le dernier jour, Trump a surpris en proposant d'un tweet presque désinvolte de rencontrer le leader nord-Coréen Kim Jong Un dans la Zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corées, pour lui "serrer la main" et "dire bonjour". ...ce qu'il vient d'ailleurs le 30 juin de faire à Panmunjom à la frontières entre les deux Corées. On peut penser que le Pentagone, constatant les moyens militaires considérables dont dispose désormais la Corée du Nord, ne souhaite pas, au moins pour le moment, un affrontement militaire avec ce pays. Mais la Corée du Nord, et de son côté l'Iran, en concluront que les investissements militaires dans le nucléaire et l'espace font reculer les Etats-Unis

* Donald Trump a par ailleurs salué le "travail extraordinaire" du prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane, présent à Osaka, avec lequel il a pris le petit déjeuner. Il a par ailleurs jugé, contre l'avis du Sénat américain, que la responsabilité de Mohammed ben Salmane - dont le pays accueillera le G20 en 2020 - dans l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi n'était pas établie. Manifestement, les pétro-dollars abondants que verse Mohammed ben Salmane à beaucoup des membres du G20, lui assureront l'impunité.

* Mais c'est sans doute la réunion bilatérale de Donald Trump avec Vladimir Poutine que l'on retiendra – réunion à laquelle semble-t-il Emmanuel Macron avait tenté en vain de se faire inviter. L'entrevue aurait été très cordiale. Mais aucun point important n'a été évoqué, ce qui rassurera le belliciste américain Mike Pompeo. Donald Trump aurait seulement mis en garde le président russe, sur le ton de la plaisanterie, contre toute ingérence dans l'élection présidentielle américaine de 2020 – ce dont le Kremlin s'était toujours défendu. Il n'est pas certain que Poutine ait pris cela comme une plaisanterie.

Le pont de vue français officiel
https://www.gouvernement.fr/conseil-des-ministres/2016-09-08/les-conclusions-du-g20

Note au 02/07

Bin Salman accueilli avec tous les honneurs au G20
https://www.newsmax.com/newsfront/APFN-AS-G20-Saudi-Arabia/2019/06/28/id/922454/?utm_medium=referral&utm_source=mixi&utm_campaign=newsmax

Note au 06/07

Pour MK Bhadrakumar, Israël a voulu ruiner les perspectives d'une éventuelle amélioration des relations entre Trump et Poutine esquissée à Osaka en lançant peu après une attaque massive de missiles sur la Syrie. A cette occasion, il pense avoir montré que les S-300 russes livrés à la Syrie sont inefficaces (ce que refuse de confirmer la Russie). 
https://www.checkpointasia.net/israeli-attack-on-syria-was-a-message-for-russia/

30/06/2019
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