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L'univers selon Lee Smolin

Lee Smolin est un physicien et cosmologiste canadien, qui a longtemps et est encore considéré comme révolutionnaire, en ce sens qu'il a imaginé la théorie de la gravité quantique à boucles, s'opposant aux conception de la gravité proposées par la théorie des cordes dominante

De même, alors que les physiciens considéraient que les lois de la nature ne changeaient pas, il a répondu qu'elles évoluaient selon une sorte de darwinisme. De même, à ceux qui affirmaient que le temps est une illusion, sans fondement cosmologique, il a répondu que le temps est une réalité de l'univers.

Dans un article de Quanta Magazine référencé ci-dessous 1), il est interrogé par Philip Cheung sur ce qu'est selon lui l'univers. Rappelons que pour la plupart des humains, l'univers est d'origine divine et comme tel, ne peut pas être compris par eux. Ils parlent de mystère.  Nous avions précédemment indiqué sur ce site que la plupart des scientifiques  considèrent aujourd'hui que le cerveau humain n'a pas été configuré par l'évolution pour aborder ces problèmes. Par ailleurs, comment imaginer que l'homme, ou partie, puisse comprendre le tout ?

Voici un bref résumé des propos de Lee Smolin

Pour tous les physiciens, qu'ils s'apparentent à la mécanique classique ou à la mécanique quantique, les lois de la physique reposent sur un arrière-plan, une structure qui n'a pas besoin d'être définie et qui est immuable. Elle n'est pas influencée par l'évolution. Dire qu'il n'y a rien en dehors de l'univers, aucun observateur capable de l'observer, suppose que les lois de la physique puissent être formulées sans référence à une structure d'arrière plan.

Il convient donc d'éviter ce que j'appelle « the cosmological fallacy ». Celle-ci postule que les lois de la physique, concernant des sous-structures de l'univers, puissent être appliquées à ce tout que serait l'univers. Une théorie cosmologique, concernant l'univers, ne doit donc pas se référer à un observateur ou à des éléments mesurables. Ceci veut dire qu'il s'agirait d'une autre forme de théorie que celles jusqu'ici proposées.

Je propose une théorie de l'univers qui concerne des éléments qui « arrivent » et non des éléments qui sont déjà là. Cela suppose des « évènements ». Ceux-ci ne se produisent qu'une fois et en seul lieu. C'est alors seulement qu'ils peuvent  être mesurés et faire l'objet de théories scientifiques.

Ces évènements peuvent alors être mis en relation. Ce sont ces relations qui permettent de se donner une vue de l'univers. Il faut alors concevoir  l'univers non comme une entité observable de l'extérieur, mais comme un ensemble de relations entre ces évènements, un ensemble qui par conséquent est  vu de l'intérieur.  

Il y a donc de nombreuses « vues » de l'univers. Toutes ces vues sont uniques. Deux évènements dont les vues sont superposables constituent le même évènement. Pour chaque évènement, il faut se demander de combien de pas il diffère d'un autre et, s'il diffère, en référence à quel arrière-plan il faut le mesurer. Selon cette idée, les lois de la physique, autrement dit la dynamique du système, visent à maximiser la variété. Ceci pourrait rapprocher la physique classique de la physique quantique.  

Je suis fondamentalement un réaliste, autrement dit je crois qu'il existe une réalité indépendante de la connaissance que nous en avons. Einstein avait proposé que la fonction d'onde censée décrire un objet en phasique quantique décrit en fait un ensemble d'états possible pour cet objet. Ce serait dans ce cas cet ensemble qui serait réel. Autrement dit, si la fonction d'onde décrit une molécule d'eau particulière, elle décrit l'ensemble des molécules d'eau dans l'univers. Le principe d'incertitude s'appliquant à cette molécule d'eau s'applique à toutes les molécules d'eau dans l'univers, indépendamment de leur proximité dans l'espace.

Deux atomes très éloignés dans l'espace peuvent avoir des vues similaires de l'univers. Leur interaction n'est donc pas locale. C'est un peu ce que la physique quantique définit par le terme d'intrication. Autrement dit, il peut y avoir d'étonnantes connections entre la physique quantique et la géométrie de l'espace- temps. Ce sont elles seulment qui décrivent l'univers. Il n'est pas besoin d'un observateur extérieur pour le faire.

Je reconnais avoir été inspiré de la « monadologie » décrite par Leibniz dans un ouvrage sous ce nom. Il y avait critiqué le postulat de Newton selon lequel il y avait un espace et un temps absolus. Il y avait écrit  que les observables en physique doivent être relationnels. On peut donc en déduire que ce sont leurs interactions qui constituent l'univers. C'est un point de vue qui est philosophique. Mais la philosophie et la science ne peuvent être conçues indépendamment l'une de l'autre.

Voir aussi :

  1. A Defense of the Reality of Time
  2. A Private View of Quantum Reality
  3. String Theory Meets Loop Quantum Gravity
  4. A 'Rebel' Without a Ph.D.


1) Quanta Magazine
 https://www.quantamagazine.org/were-stuck-inside-the-universe-lee-smolin-has-an-idea-for-how-to-study-it-anyway-20190627/?utm_source=Quanta+Magazine&utm_campaign=8558f2bb3c-RSS_Daily_Physics&utm_medium=email&utm_term=0_f0cb61321c-8558f2bb3c-389849109&mc_cid=8558f2bb3c&mc_eid=2a15f8e03e

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 https://www.quantamagazine.org/were-stuck-inside-the-universe-lee-smolin-has-an-idea-for-how-to-study-it-anyway-20190627/?utm_source=Quanta+Magazine&utm_campaign=8558f2bb3c-RSS_Daily_Physics&utm_medium=email&utm_term=0_f0cb61321c-8558f2bb3c-389849109&mc_cid=8558f2bb3c&mc_eid=2a15f8e03e

 

28/06/2019
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