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Le syndrome du Titanic

Est-il possible d'accorder du crédit à un discours politique qui parait juste alors que l'on se défie de celui qui le porte ?

C'est la question que devraient se poser tous ceux qui dénoncent les destructions et les crimes du capitalisme et de l'ultralibéralisme. Ils ne peuvent que se réjouir de les voir clouer au pilori  par le film de Nicolas Hulot,  Le syndrome du Titanic, sorti en salle le 7 octobre. Mais la personnalité douteuse de l'animateur-histrion ne risque-t-elle pas de corrompre le message ?

Tout au long de sa vie professionnelle, Nicolas Hulot a su choisir des protecteurs bien placés, TF1 d'abord, aujourd'hui Nicolas Sarkozy et l'UMP. Il n'a jamais pris le moindre risque.  Sous un air ingénu et sincère, il s'agit d'un manipulateur redoutable. Le virage qu'il avait engagé il y a quelques mois en se rapprochant des Verts sans s'en rapprocher ne lui avait pas beaucoup bénéficié. Avec ce film, il espère se placer  définitivement dans le camp des défenseurs de la planète, camp qui à  l'avenir pour lui à voir la vitesse avec laquelle cette malheureuse  planète est détruite.  Ce positionnement finalement très consensuel ne manquera pas de lui valoir de nouveaux amis et de nouveaux financements.

Mais faut-il pour autant rejeter le contenu manifeste du message, c'est-à-dire celui que retiendront les millions de spectateurs du film ? Résumons ce contenu :

- La crise écologique et la finitude des ressources naturelles conduiront fatalement nos sociétés à réformer radicalement le système économique tel qu'il existe aujourd'hui. Le capitalisme et une certaine forme de propriété privée sont condamnés à moyen terme.

- L'organisation même du capitalisme dans sa forme contemporaine (le néolibéralisme), son essence (la somme des "convoitises" individuelles supposée être source de richesses), ne peuvent pas répondre à l'obligation de diminution des consommations gaspilleuses et de partage de ressources de plus en plus réduites

- Le court-termisme du capitalisme, uniquement motivé par la recherche immédiate du profit, ne dépasse pas l'horizon de l'année comptable, échéance institutionnalisée où sont versés les dividendes. Il est incapable d'envisager au-delà de cinq à dix ans, le tarissement du pétrole, de l'eau et des matières premières. Il est incapable de financer les investissements à long terme permettant de réorganiser sur des bases durables les activités économiques.

- Seuls les Etats et leurs appareils administratifs, leurs cautions, leurs moyens, peuvent anticiper la catastrophe ou, à défaut, l'accompagner. C'est le rôle des Etats, représentants des peuples,  d'agir pour le bien collectif et universel, ceci  dans le cadre d'une vraie démocratie participative.

 Certes Nicolas Hulot est bien incapable de préciser les conditions permettant aux Etats de mener ces actions de salut public, en évitant de retomber dans la corruption et le népotisme. Néanmoins, pour une fois que quelqu'un dit clairement ce que d'autres pensent tout bas sans avoir osé jusqu'ici l'affirmer publiquement, il serait maladroit et mesquin de ne pas s'en féliciter.

Comme annonce  l'ancien proverbe chinois : « le discours du sage ne perd en rien de sa vertu s'il passe par une bouche aux dents cariées ». Les mots et les images ont leurs vertus réplicatives propres. Réjouissons nous donc sans ambages de ce film et souhaitons que d'autres manifestations publiques de ce genre approfondissent et diversifient ce discours. Pour notre part, comme le savent nos lecteurs, à notre petite place, nous nous y efforçons.
 
07/10/2009
Vos réactions
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Nombre de réaction(s) : 1
Ploof sur le Titanic
28/11/2009 11:43:22 | Par : Baquiast
Il apparait au 27/11 que le film de Nicolas Hulot n'a aucun succès dans les salles. La presse s'interroge. Hulot s'y serait-il montré trop anti-capitaliste et trop anti-libéral? Le public accepterait de se faire peur mais pas au point de devoir inventer un autre ordre politique et économique. Il faut dire qu'Hulot, sur ce point n'était pas très constructif.
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