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Traité de Lisbonne : bien mais ne pas s'en tenir là

Ceux qui comme nous déplorent la lenteur avec laquelle les institutions européennes s'engagent dans la construction de l'Europe puissance qui sera nécessaire pour faire face à une crise mondiale grandissante en étaient arrivés à souhaiter que les Irlandais revotent Non au référendum sur le Traité de Lisbonne. De ce pire aurait pu sortir le meilleur.

Comme de toutes façons, il aurait fallu lancer de grands programmes économiques et sociaux pour résister  à la pression d'un monde décidé à ne faire aucun cadeau aux Européens, ces programmes auraient pu être engagés dans le cadre de la coopération renforcée prévue par le Traité de Nice. Ne réunissant que quelques pays désireux d'aboutir au lieu d'obliger à rechercher l'accord de 27 pays traînant les pieds, de tels programmes auraient permis de donner un sens concret à la vision de ceux qui croient à l'Europe.

Mais que l'on ne s'y trompe pas. De telles coopérations renforcées seront toujours possibles  dans le cadre du Traité de Lisbonne. Rien n'y empêchera les pays désireux d'innover ensemble de s'accorder, au-delà des limites posées par les textes à des actions engageant l'ensemble du dispositif européen. Des programmes comme ceux auxquels Joschka Fischer faisait allusion dans l'interview commenté par ailleurs sur ce site : liaisons ferroviaires, projets industriels et scientifiques innovants, pourraient plus que jamais être lancés, s'il se trouvait 3 ou 4 Etats décidés à s'y investir.  Même si les nouveaux représentants politiques de l'Union : le président,  le ministre des affaires étrangères, le Parlement ne prennent pas eux-mêmes l'initiative de tels projets structurants, ils ne pourraient pas les empêcher. En fait, ils seraient obligés de s'y rallier. Ainsi, au-delà des textes, une véritable Europe fédérative pourrait recommencer à avancer,  pas par pas.

Ceci dit, quel que soit les textes constitutionnels, de telles actions de coopération renforcées demandent des gouvernements décidés à s'unir sur de grandes ambitions. La médiocrité des hommes et femmes politiques s'intéressant à l'avenir de l'Europe, aujourd'hui, que ce soit au sein des gouvernements ou dans les oppositions, fait craindre qu'il n'en soit rien, et pour longtemps. Mais tout peut changer. Avec l'aggravation, répétons-le, de la crise systémique qui est engagée, les peuples européens en danger comprendront que sans union, ils ne pourront s'en sortir. Le même réflexe qui a poussé les Irlandais a voté Oui à l'Europe poussera les opinions à accepter le renforcement d'une Europe sans laquelle il n'y a pas de salut possible.

Nous ne savons pas si l'on peut considérer comme une coopération renforcée les projets franco-allemands de relance des relations institutionnelles entre les deux pays dont on discute actuellement dans les chancelleries. Si ces projets (indispensables à nos yeux) aboutissaient, ils donneraient en tous cas un signal très encourageant en vue d'autres types de coopération.
05/10/2009
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