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L'Europe et la lutte informatique contre la criminalité

Le projet européen Indect vise à réaliser une détection automatique des menaces avérées et comportements anormaux ou potentiellement dangereux se manifestant au sein des sites web, des forums de discussion, des serveurs de données, des échanges « peer to peer » ou même des PC individuels.

Dans ce but, des « agents informatiques » ou programmes spécialisés seront chargés d'explorer les échanges et de signaler les risques, à travers des plates-formes d'échanges et de mise en mémoire de données personnelles ou non. Les personnels de police des divers pays européens devront apprendre à coopérer en utilisant  les outils développés par le projet afin d'obtenir une culture commune dans la prévention et la répression des activités criminelles.  

Indect a reçu un financement de 15 millions d'euros de l'Union européenne. Il durera 5 ans. Il associe les services de police de l'Irlande du Nord et une quinzaine d'universités ou laboratoires européens, sous la direction de l'université polonaise AGH. Le projet, qui vient de commencer, est présenté comme devant permettre à l'Union européenne d'améliorer ses moyens de prévention contre la criminalité, le terrorisme, les migrations illégales. Ceux-ci se montent aujourd'hui à 700 millions d'euros environ, jugés très insuffisants.

De nombreuses ONG se sont élevées contre ce projet, dont elles dénoncent le caractère « orwellien ». Une fois mis en route, les processus de coopération correspondants ne cesseront de se développer, pratiquement sans contrôle ni des hiérarchies policières ni des juges, laissant les citoyens sans recours. Certains craignent que derrière ce projet se mette en place une véritable CIA européenne, qui fera litière des libertés civiles des Européens, et qui par ailleurs, très vraisemblablement, sera plus ou moins aux ordres des services américains. Un service européen encore peu connu, le EU Joint Situation Centre (SitCen), pourrait devenir le siège d'un véritable " european secret service".

Mais les autorités de police soulignent que, si l'on veut que l'Europe, à l'instar des Etats-Unis, se protège contre les menaces diverses, criminelles ou terroristes, elle doit se donner les moyens adéquats. On peut difficilement dire le contraire. Beaucoup plaident en Europe pour un désengagement militaire en Afghanistan, pouvant se traduire par un renforcement des bases arrière d'Al Quaida dans la zone AfPak. C'est la thèse que nous soutenons ici. Pour que ce renforcement ne mette pas la sécurité de l'Europe en danger, il faut s'y préparer en organisant efficacement la défense du territoire européen in situ.

Cela ne peut pas se faire sans un minimum de surveillance policière. La vraie question à poser serait la suivante : faut-il mettre en place des systèmes plus ou moins clandestins dont ni les institutions « ordinaires » ni les citoyens n'auraient connaissance. Ne faudrait-il pas au contraire évaluer publiquement les risques puis définir des mesures largement discutées non seulement pays par pays mais au plan des institutions européennes elles-mêmes. On dira qu'une telle publicité bloquera toute réalisation effective. Mais les actions « couvertes », avec les recours qu'elles entraîneront, auront le même résultat.
04/10/2009
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