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Mistral gagnant ?

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a déclaré le 1er octobre avoir bon espoir de voir se conclure un accord avec la Russie pour la vente d'un porte-hélicoptères de la classe Mistral.

S'exprimant sur la station de radio Ekho Moskvy, Bernard Kouchner a indiqué que la vente aux Russes de ce "formidable" bâtiment de guerre dépendait encore de la levée de certaines questions politiques. Quelques jours auparavant, le chef d'Etat-major général russe Nikolaï Makarov avait annoncé que la Russie comptait " parvenir avant la fin de l'année à un accord sur l'achat d'un porte-hélicoptères français de type Mistral pour ensuite construire conjointement trois ou quatre navires". Selon N. Makarov, un porte-hélicoptères de type Mistral peut remplir plusieurs missions. Notamment, il est prévu pour des hélicoptères de catégories différentes ainsi que pour une importante unité de troupes aéroportées. Ce navire peut également servir de poste de commandement interarmées et interallié.

Voici une excellente nouvelle, si elle se confirmait. Non seulement l'opération  fournira un débouché et du travail à la Direction des constructions navales (DCN) à propos d'un navire qui est effectivement excellent, mais elle marquera un rapprochement stratégique entre la France et la Russie qui est dans l'intérêt des deux parties et de l'Europe. 

Ceci dit, la France fait déjà l'objet d'intenses pressions des Etats-Unis et de l'Otan pour que, selon une expression employée, un «  pays de l'Otan ne livre pas de matériel sensible d'origine occidentale à la Russie » – lequel entre autres pourrait être employé en mer Noire contre la Géorgie. Il ne faut pas être naïf. Les Américains veulent se réserver le monopole de la vente des armes, dans le domaine naval comme en matière aéronautique. Nul ne peut sérieusement penser que les Russes emploieraient ce navire contre les pays européens ou l'Otan, au moment d'ailleurs où certains des deux côtés considéreraient avec intérêt leur entrée dans l'Organisation.

Le point qui nous surprend est que les Russes, dont les chantiers navals sont encore puissants, aient besoin d'une telle acquisition. Ils s'intéressent sans doute aux équipements électroniques du navire, mais là encore, ils n'ont guère à apprendre de la France. Nous pensons que pour eux, il s'agit d'un geste significatif pour, à travers la France, montrer à l'Europe que les perspectives d'une grande alliance stratégique avec elle sont sérieusement considérées à Moscou. 
04/10/2009
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