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Sur l'apparition du langage

Les origines du langage organisé, mode de communication exclusif à l'espèce humaine, ont fait l'objet d'innombrables études.

L'archéologie a mis au jour de nombreuses traces anciennes de langage écrit, les plus anciennes, sous forme de traces picturales attribuables à un contenu symbolique, dateraient de 120.000 ans environ. Celles-ci ont nécessairement été précédées de langages faisant appel entre autres à la posture, aux gestes et à la voix. Ils n'ont pas laissé de traces.

Les anthropologistes modernes, en utilisant les ressources de l'anthropologie, de l'archéologie, des sciences cognitives et de la linguistique, considèrent que les premiers hominiens, il y a de cela 3 millions d'années, utilisaient pour des activités impliquant nécessairement une coordination collective des formes de communication plus complexes que celles des animaux chasseurs. Ceux-ci se satisfont d'une communication de courte portée faisant appel à des postures ou à des échanges de sons qui sont adaptés efficacement à la chasse ou à la communication, notamment afin de rechercher des partenaires sexuels, mais qui n'ont jamais été transposés dans d'autres domaines.

Ce sont les connaissances acquises notamment grâce à la génétique, sur les néandertaliens et les premiers Homo sapiens , qui donnent des preuves précises du fait que les uns et les autres faisaient appel à des langages au sens moderne du terme. Les néandertaliens eux-mêmes sont apparus il y a environ 400.000 an. Comme ceux-ci n'avaient pas pu subitement inventer le langage, certains scientifiques font remonter l'origine de ce dernier à l'Homo heiderbengensis vivant il y a environ 700.000 ans, voire bien plus tôt, à l'Homo australopithecus ou australopithèque apparu en Afrique il y a 2 à 3 millions d'années, dont la célèbre Lucy était une représentante.

C'est la découverte du gène  FOXP2, dit gène de la parole, en 1998 qui a permis de préciser les critères anatomiques liés au langage vocal. Ce gène est présent chez tous les mammifères ainsi que chez les oiseaux, ce qui expliquerait leurs aptitudes raffinées à la communication par le son. Mais dans sa version propre à l'espèce humaine, il commande des nerfs provenant du cerveau et allant jusqu'aux organes du souffle et de la bouche permettant la parole verbale.

On peut penser que ce sont les subtilités de celui-ci qui ont commandé des renforcements liés aux gestes ou à la posture, déjà utilisés par tous les animaux supérieurs comme moyens de communication, mais ne donnant pas la flexibilité et la capacité d'invention nécessaire au langage. Mais cela n'aurait pas suffi à entraîner l'apparition du langage.

Il semble que ce soit la capacité de marcher debout sur les membres inférieurs, dite bipédie, qui en aurait été la cause déterminante. Celle-ci remonte à l'Homo erectus et bien auparavant aux australopithèques Homo australopithecus, ses prédécesseurs. Marcher debout permet d'explorer de nombreux milieux inaccessibles dans la vie en forêt, et requiert donc de nouveaux moyens de communiquer à distance. Selon le principe bien établi selon laquelle la fonction crée l'organe, la bipédie aurait entraîné les diverses modifications génétiques nécessaires au langage, sous ses diverses formes, mimiques et gestes notamment. Rappelons que les raisons des mutations génétiques ayant permis chez des primates simiens de telles capacité de bipédie systématique ne sont pas encore éclaircies.

Quant à l'origine du langage, elle est attribuée à plusieurs causes ayant pu être convergentes. Darwin avait suggéré un « protolangage musical » résultant du fait de chanter ensemble, notamment pour affirmer la cohésion sociale au sein d'un groupe. Sans exclure ce motif, d'autres chercheurs suggèrent que le protolangage gestuel assurant la coordination d'un groupe notamment lors des activités de chasse, aurait été aussi aux origines du langage symbolique. Pour d'autres, ce serait la capacité de produire des onomatopées, permettant de reproduire les divers sons entendus, qui aurait joué un rôle déterminant. Le Pr. Jerome Lewis, de la London University Collège, est le principal représentant de cette thèse.

Aujourd'hui, on pourrait se demander si les différentes formes de communication prospérant dans les réseaux numériques, et notamment l'Internet, pourraient conduire à l'apparition d'un langage universel où si, au contraire, elles ne renforceraient pas les différences. L'Internet n'a en effet rien d'universel. Son usage s'enferme dans des communautés bien déterminées, linguistiques d'abord mais aussi politiques qui n'ont pas nécessairement intérêt à communiquer.

Pour en savoir plus, voir notamment 

NewScientist. Finding our voice 4 mai 2019 (sur abonnement) 
https://www.newscientist.com/article/mg24232280-500-the-origins-of-language-discovered-in-music-mime-and-mimicry/


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

12/05/2019
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