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Grand Débat National. Tout cela pour çà.

Lundi 6 mai, au matin, Édouard Philippe recevait les associations d'élus, les partenaires sociaux et les organisations environnementales pour une première réunion afin d'établir les priorités du gouvernement.

Le Premier ministre a lancé 5 chantiers : l'apprentissage, les emplois non pourvus, les freins au retour à l'emploi, l'accompagnement des territoires ou encore les gestes écologiques du quotidien, 

Dans un communiqué, la CGT a estimé que ce rendez-vous, visant à organiser une "mobilisation générale" pour l'emploi et l'écologie associant les syndicats, le patronat et des élus, était "loin de répondre au mécontentement et à la colère du monde du travail". Elle a refusé de s'y rendre.

Mais la CGT n'est pas la seule à penser que les chantiers annoncés ne seront que des mots. Pour les concrétiser, il faudrait une véritable révolution économique et sociale dont le pouvoir actuel sera incapable. Si l'apprentissage ne fournit pas d'emplois, qualifiée ou non, si des milliers de postes restent non pourvus, si le retour à l'emploi est freiné, c'est pour des raisons fondamentales, que l'on retrouve partout dans le monde.

Citons en particulier le développement irrésistible de l'économie numérique et la volonté des « patrons » d'utiliser cette dernière pour leur seul profit et non au service des citoyens. Edouard Philippe ne pourra pas imposer le retour à la production manuelle et moins encore imposer aux patrons de mettre les gains de productivité au service du plus grand nombre. Il pourra moins encore d'opposer à la domination des multinationales dont le siège n'est plus Paris mais le Luxembourg, les Pays Bas ou la Silicon Valley.

Par ailleurs le Grand Débat, autant que l'on puisse juger, a demandé partout la mise en place de services publics sociaux ou de type industriel et commercial répondant aux exigences du plus grand nombre. Ceci ne pourra se faire qu'en exigeant des patrons qu'ils contribuent à leur financement, ou plus simplement qu'ils cessent de s'opposer en permanence à la mise en place de ces service publics. Ceux-ci, inévitablement, réduiraient leur influence et leurs pouvoirs. 

Emmanuel Macron 

Au delà du Grand Débat, dont personne n'espère rien, c'est d'Emmanuel Macron lui-même que l'opinion manifestement n'espère plus rien. C'est ce que montre sa popularité dans les sondages qui ne cesse de s'effondrer. Il a beau multiplier les gesticulations, les prises de parole intempestives, notamment par des interventions impromptues lors de certains Débats, suivis d'embrassades ne trompant plus personne, il paraît clair qu'il a lassé ses propres électeurs. 

D'une façon jamais observée sous les précédentes présidences, il apparaît qu'il est désormais impuissant à échapper à une dynamique de chute de popularité ne cessant de s'accélérer. Certes les sondages sont systématiquement contestés par ceux qu'ils désavantagent. Mais les chiffres sont les chiffres. C'est manifestement sa personne, ou si l'on préfère sa personnalité, qui sont mises en cause.

Certes, il est protégé par l'immunité présidentielle. Mais sans cette protection il serait écarté du pouvoir. Au contraire, comme le montreront sans doute les prochaines élections européennes, il est talonné voir dépassé par Marine le Pen, sans mentionner Jean-Luc Mélenchon. Ce n'est manifestement pas leurs programmes pour les élections européennes, dont la plupart des futurs électeurs risquent de ne pas comprendre grand chose, mais leur personnalité qui séduisent. Elle se caractérise par le refus de tenir personnellement la scène médiatique, mais d'insister sur leurs propositions politiques. 

Il semble au demeurant que le soutien jusque là affirmé des « élites » et notamment des entreprises du CAC 40, soit en train de lui être retiré. Elles ne peuvent lui reprocher d'avoir cédé aux revendications des Gilets Jaunes. Au contraire, il a renforcé à leur égard la répression policière, qui a touché lors du dernier Premier Mai les représentants des syndicats. Mais il n'a pas eu la manière. Celui que l'on nomme désormais le « Petit Prince » a montré, non seulement son inexpérience politique, sa méconnaissance des exigences de la France profonde, sa présomption communicationnelle, mais son refus de tenir compte de ses propres insuffisances. Edouard Philippe, plus expérimenté, a eu beau essayer de le suivre à la trace pour réparer ses erreurs de communication, il n'y est pas arrivé. 

Ce sont des choses que l'on ne tolère pas longtemps dans le monde du CAC 40.

08/05/2019
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