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Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il reçu le 2 mai le président Italien Sergio Mattarella à Amboise ?

La question peut se poser, compte-tenu des mauvais termes entre lesquels paraissaient être le premier ministre italien Matteo Salvini et Emmanuel Macron, après des échanges un peu vifs.

D'autant plus que Matteo Salvini dans le même temps rendait visite dans le château de Buda en Hongrie à son « ami » Viktor Orban dont les prises de position dites populistes  sont fort mal vues à l'Elysée.

Ceci peut s'expliquer par le fait qu'en profondeur, la France ne veut pas se couper de l'Italie, contrairement à ce que l'on avait pu craindre. D'une part de nombreux intérêts français, au plan industriel, commercial et touristique, coopèrent avec leurs homologues italiens et refuseraient une rupture, ou même une amorce de rupture, avec Rome. Les perspectives offertes par l'Union européenne, actuellement dominée dans les faits par une Allemagne peu coopérative et en arrière plan par les Etats-Unis et leurs entreprises plus que jamais conquérantes dans le domaine du numérique et du spatial, n'offrent pas à ces intérêts français de grandes occasions d'investissement productif et de développement. L'atlantisme, selon l'expression, n'est pas considéré par eux comme porteur d'avenir.

Il n'en est pas de même de l'Italie. Certes celle-ci n'offre pas par elle-même de grandes perspectives de coopération du fait d'une économie en difficulté et d'une population autochtone (ne tenant pas compte de l'immigration) en régression. Mais Matteo Salvini et sans doute de nombreux intérêts italiens ont pris la décision heureuse de faire de l'Italie le principal terminal européen de la BRI, ou Belt and Road Initiative. Nous avons plusieurs fois ici commenté les perspectives considérables de croissance et de développement qu'offre ce grand programme chinois, auquel s'associe de plus en plus la Russie. Laisser à l'Italie le monopole européen de ces perspectives, notamment en terme d'investissement dans le nord sibérien russe, ou même de co-investissement avec la Chine, sera de plus en plus considéré en France comme une erreur stratégique majeure.

La BRI, comme il est souvent dit, est un « game changer » dont les intérêts français les plus dynamiques ne veulent pas se couper en en laissant le monopole à l'Italie. C'est également ce dont semblent se rendre compte les industriels allemands, menacés d'un début de récession, et qui trouveront dans la BRI, sans doute en liaison avec l'Italie, de nouvelles perspectives de relance. Il semble d'ailleurs que ce soit le cas de la Hongrie sous la direction de Viktor Orban. Jusqu'à ces derniers temps ici très libérale au plan économique, et très tournée vers l'Atlantique, elle veut désormais se développer à l'Est, dans le cadre d'un grand projet euro-asiatique bien utilisé. 

Emmanuel Macron s'en rend sans doute de plus en plus compte. Son projet personnel de relance d'une Union européenne dominée par l'Allemagne et Washington ne lui a rapporté jusqu'ici que des déconvenues. Face à ce que l'on nomme la crise des Gilets Jaunes, il se doit d'offrir des perspectives nouvelles d'investissement et d'emploi. Il semble avoir compris en ce sens qu'il ne doive pas laisser à l'Italie le monopole de la coopération euro-asiatique. Pour ce faire, de bons rapports de coopération avec Rome seront plus efficaces que des manifestations d'hostilité.

 

04/05/2019
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