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Des Dénisoviens au Tibet...et ailleurs

L'Homme de Denisova, ou Dénisovien, est une espèce éteinte du genre Homo, identifiée par analyse génétique en mars 2010 à partir d'une phalange fossile attribuée à une fillette. Cette phalange est datée d'environ 40.000 ans et a été trouvée dans la grotte de Denisova, dans les montagnes de l'Altaï en Sibérie.

Les analyses mitochondriale de ce fragment de fossile ont montré que cette espèce était génétiquement distincte des Néandertaliens et des Homo sapiens, avec lesquels elle coexistait à la même époque. Il a été proposé de la nommer Homo denisoviensis. De nombreuses personnes en Chine et en Asie du sud-est possèdent dans leur génome quelques gènes attribuables aux Dénisoviens.

Rappelons qu'une espèce est un groupe naturel d'individus descendant les uns des autres dont les caractères génétiques, morphologiques et physiologiques, voisins ou semblables, leur permettent de se croiser. Une race est un groupe d'individus dont les caractères biologiques sont constants et se conservent par la génération.

Faire de l'Homme de Denisova une espèce du genre Homo suppose qu'il avait la possibilité de se croiser avec les autres espèces vivant en même temps que lui, H. neandertalensis et H.sapiens. Encore fallait-il qu'ils aient eu la possibilité de se rencontrer au plan géographique.

Ces espèces n'étaient représentées que par quelques milliers d'individus chacune, et sans doute beaucoup moins concernant les Dénisoviens. Malgré la difficulté pour les uns et les autres de se rencontrer dans des environnements hostiles, les fossiles retrouvés montrent qu'ils s'étaient répartis sur des aires géographiques considérables, de l'Afrique à l'Europe et jusqu'en Chine, ce qui avait surpris vu la distance. Aussi bien de nombreuses personnes en Chine et en Asie du sud-est possèdent dans leur génome quelques gènes attribuables aux Dénisoviens.

Or un article du NewScientist rappelle qu'un fossile, une mâchoire, attribuable à un Dénisovien, avait été trouvée en 1980 en très haute montagne, au Tibet. dans une grotte dit Baishiya Karst dans la vallée de la rivière Jiangla.

Récemment le paléo-anthropologue français Jean Jacques Hublin du Max Planck Institute de Leipzig, ayant examiné cette mâchoire, a montré que sa forme, ainsi que la taille d'une dent qui s'y trouvait, étaient différentes de celles des humains d'aujourd'hui. La datation par radioisotope dite aussi par chaines radioactives lui a donné un âge d'environ 160.000 avant notre ère. Ceci veut dire que les Dénisoviens avaient atteint le plateau tibétain des milliers d'années avant les autres hommes. Jean-Jacques Hublin s'est dit tout à fait surpris de découvrir que des Dénisoviens pouvaient vivre à si haute altitude, et dans un air très pauvre en oxygène.

Il ne faut pas s'étonner que le genre Homo ait été capable d'envahir par la suite la totalité de la surface terrestre, et envisage de s'établir sur la Lune, voire sur Mars. Ce qui est étonnant est qu'il ait pu par ces capacités migratoires se différencier des autres espèces de mammifères (excepté les baleines) qui se montrent très peu mobiles. Seuls les oiseaux et les poissons sont capables de ces performances.

Références

https://www.newscientist.com/article/mg24232283-700-major-discovery-suggests-denisovans-lived-in-tibet-160000-years-ago/
 

https://thevarsity.ca/2018/09/22/researchers-identify-a-neanderthal-denisovan-hybrid/
 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Homme_de_Denisova

 

Image. Vue d'artiste d'un Dénisovien

03/05/2019
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