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Les faux-semblants du G20 de Pittsburgh

Comme nous le prévoyions, le G2O de Pittsburgh, annoncé à grand fracas, n'a rien décidé pour changer les fondamentaux de la crise économique et environnementale actuelle. L'Europe, malgré l'agitation sarkozienne, s'est plus que jamais effacée.

Notre article L'illusion de la reprise économique daté du 5 septembre (voir http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=351&r_id= ) énonçait ce qu'il faut bien appeler les fondamentaux de la crise économique et environnementale actuelle, ainsi que quelques mesures pouvant commencer à y faire face. Mais, comme nous le prévoyions, le G2O de Pittsburgh, annoncé à grand fracas, n'a rien arrêté de tel. Il a certes réintroduit les grands pays émergents jusqu'ici exclus du G8 dans les instances internationales de négociation. C'est une bonne chose, mais leur arrivée n'a pas changé grand-chose aux illusions dominantes. Au contraire, elle semble avoir renforcé la pire des tendances de l'économie mondiale, la course à  une prétendue croissance qui se faisant sous la contrainte de la concurrence politique entre puissances économiques ou pour la recherche du seul profit des acteurs financiers ne fera qu'aggraver les risques d'effondrement systémique.  

Dans l'immédiat, au plan politique, les Etats membres du G20 n'ont pas brillé par une quelconque volonté de coopérer pour le changement. La Chine s'est bornée à faire acte de présence, Barack Obama s'est apparemment satisfait d'avoir, pense-t-il, repris la main sur le G8 devenu G20 en le présidant, mais lui non plus n'a rien annoncé d'important montrant que les Etats-Unis allaient s'ouvrir au multilatéralisme 1) . Il a au contraire refusé toutes mesures contraignantes concernant les bonus et les paradis fiscaux.

Les membres du G20 à l'unisson, par ailleurs,  ont fait semblant d'ignorer les inévitables conflits  qui résulteront d'une course à la dévaluation compétitive entre le dollar, la livre, le yuan (Chine) et le yen (Japon), afin d'encourager les exportations les plus gaspilleuses. Que fera l'euro dans cette perspective ?

Apparemment cette question n'intéresse pas les  Européens, non plus que la défense  des  quelques mesures de bon sens, pourtant soutenues par des experts incontestables,  dont l'Union aurait pu annoncer le lancement unilatéral au G20 : l'amorce d'une Autorité internationale des marchés financiers ou d'une Agence mondiale  de l'environnement. La crise montre en effet que les banques dominant Wall Street, dont Barack Obama  est qu'il le veuille ou non l'obligé, sortent renforcées des mesures de relance décidées par les  Etats à leur profit et recommencent plus que jamais à provoquer des bulles spéculatives dans les secteurs sensibles tels que l'énergie, les matières premières et le produits agricoles. L'Europe ne dispose d'aucune des procédures réglementaires lui permettant de s'en protéger de façon coordonnée. Ainsi l'idée pourtant évidente d'une taxation carbone aux frontières, destinée à éliminer les produits profitant du laxisme environnemental des pays non européens, ne recueille aucun accord.

Comme quoi les quelques manifestations  anti-G20 qui se sont produites à Pittsburgh, même si elles sont restées à la surface des choses, n'avaient pas tort de dénoncer l'illusion propagée par les grands sourires des Chefs d'Etat.  La crise générale ne recule pas, elle avance.
29/09/2009
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