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Une prochaine dictature militaire au Soudan ?

On considère parfois les manifestations populaires actuelles au Soudan, en faveur d'un changement de régime, comme une deuxième vague du « printemps arabe » . Celui-ci, qui a échoué partout devait marquer la « démocratisation » des pays arabo-musulmans.

Pour le moment, elles apparaissent devoir renforcer un pouvoir militaire déjà très présent, qui ne devrait rien avoir de démocratique au sens où ce terme est utilisé en « Occident ». On peut se demander dans l'immédiat quelles sont les forces derrière les militaires soudanais.

D'ores et déjà, la même question se posait à l'occasion des manifestations qui se poursuivent en Algérie pour demander un changement de régime à la suite de la démission d'Abdelaziz Bouteflika, et qui pour le moment n'aboutissent qu'au renforcement du gouvernement des militaires. Au Soudan, la crise a éclaté il y a quatre mois quand le gouvernement a annoncé qu'il allait tripler le prix du pain. Les mouvements de rue notamment à Khartoum la capitale ont abouti en quelques jours à la démission du président Omar al Béchir.

Ce dernier, qui disposait en principe de la force armée, a été contraint au retrait non par la rue mais par les militaires. Ceux-ci promettent après une période de transition de quelques mois de nouvelles élections voire une nouvelle constitution. Or tout dans leur comportement laisse prévoir qu'ils garderont voire renforceront le pouvoir de type dictatorial qu'ils se sont attribués. Ils ont dans l'immédiat imposé un couvre-feu qui rend les manifestations illégales et leurs chefs improvisés susceptibles de poursuites qui n'auront rien de démocratique.

Les militaires justifient leur prise en mains par la raison qu'il convient d'éviter une éventuelle contre-révolution pouvant être sanglante. Mais chacun a pu noter que le président égyptien Abdel Fattah el Sisi est intervenu récemment pour annoncer qu'il surveillait avec attention la « révolution » soudanaise, de peur qu'elle ne favorise l'institutionnalisation d'un islam de combat suscitant un terrorisme islamique dans la région, voire dans les pays africains voisins. Cela n'aurait rien d'impossible. Il pourrait être dirigé par l'équivalent soudanais des Frères musulmans égyptiens.

Mais ces derniers ont officiellement déclaré qu'ils participaient au bloc politique soudanais Ansar-Ummah sans volonté de généraliser un régime musulman dur au Soudan. Faut-il les croire?  En tous cas, les manifestants, comprenant notamment de nombreuse femmes, ne l'accepteraient pas sans résistance. .

Tout laisse penser que le soutien aux militaires soudanais provient en fait des Etats-Unis et de la Grande Bretagne qui comptent sur eux pour contrer une éventuelle influence de la Russie et surtout de la Chine dans cette région. Son intérêt stratégique sur la mer Rouge est de plus en plus évident.

13/04/2019
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