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Villes futuristes américaines en Asie

Si le marché de la construction semble durablement tari aux Etats-Unis, faute de clients, ce n'est pas le cas en Asie. Les particuliers et les entreprises y disposent d'importants excédents qu'ils seraient prêts à investir dans des programmes immobiliers attrayants. Des investisseurs principalement américains n'ont pas attendu pour capter ce marché potentiellement prometteur.

C'est ainsi que le promoteur immobilier Gale international a acquis du gouvernement sud-coréen l'autorisation d'implanter sur une île artificielle à 60 km au sud-ouest de Séoul une « ville intelligente » qui comportera plus de 100 immeubles, dont une tour d'appartements pour 7.800 personnes, au sein d'un réseau de services (utilities), de transport et de centres commerciaux ou culturels faisant appel aux technologies les plus récentes. Il s'agit de la ville future de Songdo, dont aujourd'hui 40% environ sont sortis de terre. Le projet définitif sera réalisé en 2014, pour un coût estimé de $35 milliards. A ce moment, la ville pourra loger 65.000 résidents et 300.000 travailleurs. Les constructions sont en conformité avec les standards d'efficacité énergétique dit LEED promulgués par l'US Green Building Council's

A Gale se sont associés la banque Morgan Stanley  et l'aciériste coréen Posco. Par ailleurs l'américain Cisco se charge de toute la partie réseaux et automatismes. L'ambition est de produire une ville aussi « durable » et peu polluante que possible, capable de servir de hub à d'autres villes analogues travaillant en réseau. D'ores et déjà, Gale a lancé un projet semblable dénommé Meixi Lake dans la province chinoise du Hunan. Le chantier démarrera l'année prochaine.Ces projets démontrent la grande capacité du capitalisme financier et industriel américain pour s'adapter à la crise économique et environnementale, en profitant des besoins et des ressources des pays asiatiques. Ils illustrent les possibilités de coopération avec les acteurs locaux, politiques et industriels. Au plan architectural et technique, ils présenteront certainement un intérêt expérimental, s'ils sont conduits dans la transparence. Mais ils ne résoudront certainement pas les besoins des centaines de millions de citoyens asiatiques à faible revenu, lesquels resteront menacés par une urbanisation destructrice et polluante. Sur le plan sociologique, ils contribueront à couper en deux les populations, entre hyper-riches bien protégés et hyper-pauvres. exploités à tous égards. On peut penser qu'ils généraliseront par ailleurs le modèle des cités-forteresses défendues quasi militairement, à l'exemple des « compouds » déjà très présents aux Etats-Unis et en Amérique Latine.

Concernant les projets immobiliers pouvant être encouragés en Europe, par exemple le projet de Grand Paris soutenus actuellement par le gouvernement et l'architecte Roland Castro, le modèle de Songdo ne pourrait fournir que des références techniques et sociologiques. Ce type de ville nouvelle entièrement capitalistique et destinée aux citoyens à hauts revenus ne pourrait être adopté  sans faire éclater ce qui reste de démocratie locale et d'Etat-providence. Il serait pourtant urgent que, à droite mais aussi et surtout à gauche, en incluant les partis écologiques, les forces politiques et les laboratoires ou entreprises  intéressés à l'urbanisation « verte » présentent rapidement leurs propres solutions. Si l'on veut éviter de créer de nouveaux « ghettos des riches », compte tenu des temps de réalisation dans ces domaines, il serait temps de disposer de projets originaux, ne se bornant pas à copier les promoteurs américano-asiatiques.

 
Les notes :
12/09/2009
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