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Pourquoi ces difficultés de Teresa May à obtenir un accord sur le Brexit ?

Pour essayer de répondre à cette question, il faut se demander quels avantages trouveraient les intérêts financiers britanniques à une sortie de l'Union européenne ?

On peut penser que les incroyables difficultés qu'éprouve Teresa May à obtenir une majorité parlementaire suffisante pour lui permettre un accord sur le Brexit tiennent au fait que les intérêts financiers et économiques britanniques ne voient pas clairement ce qu'ils gagneraient à une sorite de l'UE.

Déjà le fait que le Royaume Uni  n'appartienne pas à la zone euro les exempte d'un certain nombre de contraintes liées à la monnaie unique. De plus, on ne peut pas dire que la réglementation européenne, bien que surabondante et parfois incohérente, les gène beaucoup. Enfin le fait qu'ils aient réussi discrètement à peupler les institutions communautaires d'émissaires intervenant à leur profit constitue un avantage que n'ont pas les intérêts continentaux.

En fait, si les parlementaires et hommes politiques britanniques sont encore incapables de s'entendre sur un processus permettant de mettre en œuvre un Brexit tel que proposé aujourd'hui par Teresa May au nom de la majorité conservatrice, c'est parce que Washington n'encourage pas cette sortie britannique. En effet, elle pourrait inciter un certain nombre de gouvernements européens, encore incertains concernant leur maintien dans l'UE, à décider eux-aussi d'en sortir.

Mais dans ce cas, ils seraient immanquablement conduits à se rapprocher au moins économiquement, de la Russie et de la Chine. Celle-ci en particulier propose de vastes projets d'investissements, tels qu'une participation à la « nouvelle route de la soie » (OBOR), participation qui a déjà été décidée notamment par le nouveau gouvernement italien . Quant à la Russie, elle fait déjà largement appel aux investissements européens dans le domaine de la mise en valeur des ressources du Grand Nord. Elle le fera de plus en plus. Le capitalisme allemand y est plus que favorable.

Or il est évident que l'appartenance à l'UE, dominée par les intérêts économiques et géostratégiques des Etats-Unis, freine considérablement cette ouverture à l'Est. Il faut se souvenir que dès la fin de la seconde guerre mondiale, ce sont principalement les Etats-Unis qui ont voulu la mise en place d'une Europe unie sous leur influence afin d'éviter que le continent n'éclate en un ensemble incontrôlable par eux de gouvernements indépendants. Le Marché Commun a offert aux entreprises américaines, militaires et civiles, un champ d'expansion éliminant toute concurrence européenne sérieuse. Enfin, le Pentagone a transformé les légitimes volontés européennes de réaliser une force de défense commune en une alliance militaire, l'Otan qui dès le début a été conçue comme une machine de guerre destinée à combattre la Russie sous leur commandement. .

Aussi il ne faut pas s'étonner qu'un certain nombre de parlementaires britanniques, qui ont du leur élection à des interventions discrètes de la CIA, assorties d'un apport non négligeable de dollars, ne tiennent pas à favoriser un Brexit auquel les intérêts américains sont en majorité hostiles.

04/04/2019
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