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Les Etats-Unis perdront-ils le contrôle de l'Ukraine ?

Depuis plusieurs années les Etats-Unis ont soutenu de multiples façons la prise de distance de l'Ukraine à l'égard de la Russie. L'Ukraine était une république socialiste populaire membre de l'Union soviétique. La révolution de Maidan, qu'il conviendrait mieux de nommer coup d'état, leur avait permis de renverser en février 2014 le président Viktor Ianoukovytc, alors relativement favorable a Moscou, et le faire remplacer par  un gouvernement dirigé par  Arseni Iatseniouk, très proche des Etats-Unis, à qui il devait tout.

L'objectif de Washington était de rapprocher militairement l'Ukraine de l'Otan, ou tout au moins d'obtenir son entrée dans l'Union européenne.

Les provinces du Don et du Donetsk peuplées d'Ukrainiens russophones, avait alors refusé cette perspective et fait sécession, sous le nom de République autoproclamée du Donetsk. L'Ukraine, disposant d'une force armée bien supérieure, n'avait jamais pu renverser la République du Donetsk. Depuis l'Ukraine, malgré l'aide américaine, avait accumulé les échecs, notamment sur le plan économique ou sur celui de ses relations avec l'Union européenne. Malgré cela, les Ukrainiens refusent toujours un rapprochement avec Moscou. Inutile de préciser que celui-ci marquerait un échec définitif des Etats-Unis dans cette partie de l'Europe.

Les élections présidentielles dont le premier tour a eu lieu le 31 mars 2019, devaient permettre de mesurer la volonté des Ukrainiens de rester dans l'orbite occidentale, sous le contrôle américain. Si le président sortant Petro Porochenko, qualifié parfois d'american pupett l'emportait au 2e tour, ce serait un succès notable pour Washington.

Or, à la surprise générale, un certain Volodymyr Zelensky, comédien et novice en politique, est arrivé en tête, devant Petro Porochenko, selon les résultats partiels publiés le 1er avril par la Commission électoral. Ils se qualifient donc pour le second tour du scrutin qui aura lieu le 21 avril.

Les détracteurs du comédien l'accusent de n'être qu'une marionnette aux mains de l'oligarque  Igor Kolomoïski, dont la chaîne de télévision a diffusé plusieurs de ses spectacles humoristiques la veille du scrutin. Ancien gouverneur de la région de Dniepropetrovsk et actionnaire principal de la plus grande compagnie pétrolière du pays, Igor Kolomoïski est un adversaire résolu du président sortant Petro Porochenko. Il a notamment financé le bataillon «Azov», une formation militaire de volontaires qui a été créée en début d'année 2014. Composé initialement de représentants de l'extrême droite et de radicaux proches du parti nationaliste Secteur droit, ce bataillon agissait indépendamment des décisions des autorités ukrainiennes, en luttant pour les intérêts d'Igor Kolomoïski et de ses relations.

Si Volodymyr Zelensky était élu au 2e tour, cela ne marquerait en rien une volonté des Ukrainiens de se rapprocher de Moscou. Mais Washington ne devrait pas considérer ceci comme une victoire. Igor Kolomoïski a toujours affirmé qu'il appartenait au Ukrainiens de valoriser leurs propres ressources, sans appeler les Américains à l'aide. Il considère les intérêts économiques de ces derniers dans la région comme des rivaux dont il estime pouvoir très bien se passer.

Note au 04/04

On lira ici une analyse très pertinente du Saker concernant le 1er tour des élections et les suites du 2e tour, en fonction de qui sera définitivement élu. Nous en reparlerons. 
https://thesaker.is/a-few-initial-thoughts-about-the-first-round-of-the-ukrainian-presidential-election/?mc_cid=bc94e77927&mc_eid=c88862f7f8

01/04/2019
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