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Assez de morts en Afghanistan

Répétons-nous. Même si cela n'est pas gai à entendre pour les familles, les soldats français tués en Afghanistan le sont pour rien. Il en est de même de toutes les autres pertes européennes dans cette guerre qui ne sera jamais gagnée.

La Grande Bretagne, la France et l'Allemagne ont proposé la semaine dernière une conférence pour définir les meilleurs moyens de renforcer l'autonomie du gouvernement afghan, au moment d'ailleurs où Karzaï semble plus soucieux de se concilier les bonnes grâces des Européens que celles des Américains. Mais il faut être réaliste. Jamais, tant que des troupes « occidentales » demeureront sur le sol Afghan, il ne sera possible aux Occidentaux d'alléger en quoi que ce soit leur présence militaire, avec le profil d'occupants qui l'accompagne, et de se positionner en reconstructeurs d'un Etat qui pourtant en aurait bien besoin.

Il y a une raison simple à cela. Tant que demeurent en Afghanistan des éléments armés talibans décidés à tout faire pour accélérer le départ des Américains et de leurs alliés, le jeu de ces talibans est simple : provoquer des attentats qui entraînent en retour des représailles  avec pertes inévitables dans  la population civile. Ces pertes comme tout le monde le sait désormais, y compris le Général McCrystal, ne font que rendre les Talibans plus populaires, et déconsidérer davantage les Karzaï d'aujourd'hui et de demain. C'est le génie de la guerre du faible au fort. Quelques attentats bien menés font plus de mal au fort que ne le feraient des batailles rangées menées contre lui. 

Depuis quelques jours, il semble bien que les Américains eux-mêmes se rendent compte du fait que le retrait militaire est devenu inévitable. Même l'honnête (bien que conservateur) Andrew Bacevich, professeur de relations internationales à Boston l'a écrit très clairement. Il vaut mieux lutter contre les Talibans de l'extérieur, selon lui, que de l'intérieur. Ses amis conservateurs l'ont vivement critiqué, expliquant que pour empêcher la prise de pouvoir d'Al Quaïda en Afghanistan comme au Pakistan, il fallait maintenir les contingents actuels en place, voire les renforcer.

Mais la population américaine dans ses profondeurs semble ne plus y croire. Les morts, les dépenses passées et à venir, les perspectives de fin de conflit de plus en plus éloignées découragent désormais une majorité d'électeurs. Les plus fermes soutiens d'Obama lui reprochent de s'entêter dans ce que l'on nomme maintenant sa guerre,  l'Obama's war. Il s'agit d'un reproche de plus qui s'ajoute à tous les autres.

C'est pourquoi, répétons-le, il serait plus que temps pour les Européens de sonner le retrait. Cela contrarierait sans doute le secrétaire général de l'Otan, le danois Anders Fogh Rasmussen, qui se croit encore sinon au temps de la guerre froide, du moins au temps où l'Amérique était en état d'imposer ses vues à L'Europe. Mais pour la diplomatie européenne, les choses seraient plus claires. Cela lui laisserait le temps de s'occuper des vrais problèmes du monde, à supposer évidemment qu'elle en soit capable.
08/09/2009
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