Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

Le scandale de la privatisation d'Aéroport de Paris

Emmanuel Macron, qui avait joué personnellement un rôle essentiel dans la privatisation de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, vient de se faire désavouer par la justice . Devant la cour administrative d'appel, le rapporteur public demande l'annulation de cette privatisation. Le tribunal de commerce est saisi d'une demande de placement sous séquestre des titres de l'acquéreur chinois.

Les juges considèrent que le consortium particulièrement opaque d'opérateurs chinois accepté à l'époque par Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie, rend l'Etat entièrement dépendant d'entités chinoises dont certaines sont proches des mafias asiatiques. 1)

A ce jour, il n'est pas possible d'envisager ce que deviendra cette privatisation. Bien évidemment, les juges ne se prononcent pas sur les raisons ayant poussé Emmanuel Macron à en décider. Elle ne s'imposait en aucune façon. L'aéroport de Toulouse-Blagnac enregistrait des bénéfices non négligeables. Mais il ne faut pas être naïf. Il s'agit (très probablement) des financements chinois l'ayant aidé à préparer sa candidature à la présidence de la République.

Aujourd'hui, la même affaire se renouvelle à l'occasion de la privatisation d'Aéroport de Paris ADP (Roissy et Orly). Emmanuel Macron et son gouvernement vont procéder à cette opération dans le cadre de la Loi Pacte. Celle-ci est la réforme économique présentée comme phare par le gouvernement. Elle comporte un certain nombre de simplifications des réglementations s'appliquant aux entreprises. Le point le plus important concerne la privatisation d'ADP.

La vente des parts de l'Etat dans le capital d'ADP, qui de ce fait perdra toute possibilité de participer aux décisions, est présentée comme devant servir à financer un Fonds pour l'Innovation de 15 milliards. Mais il ne faut pas se cacher la réalité. ADP est une entreprise très rentable et son rachat, prévu à nouveau au bénéfice de fonds chinois, représentera un véritable cadeau de l'Etat à ces fonds. Or ceux-ci sont aussi peu transparents que ceux impliqués dans l'affaire de Toulouse Blagnac.

L'on sait déjà cependant qu'ils ne rechercheront que leur intérêt financier, et non un bon fonctionnement d'ADP au service des compagnies aériennes et des voyageurs. Il est prévisible qu'ils refuseront les investissements futurs destinés à améliorer le service. Dans l'immédiat ils ne prendront aucune mesure un peu coûteuse destinée à assurer la sécurité des vols et des passagers.

Quant au prétexte de cette vente, financer un fonds public pour l'innovation, il fait rire tous ceux qui connaissent comment opèrent de tels fonds. L'essentiel des crédits va à des opérations décidées par des collectivités locales et des entreprises privées, qui n'ont qu'un lointain rapport avec l'innovation scientifique et technique. La preuve en est que les scientifiques et ingénieurs  les mieux à même de dire ce que devrait être celle-ci pour maintenir la France au niveau international n'auront pratiquement aucun pouvoir de conseil, et moins encore de décision.

On aurait pu s'attendre à ce que les députés, en principe soucieux de défendre les intérêts de l'Etat, s'opposeraient à la vente d'ADP. Ils n'en ont rien fait. L'Assemblée vient de d'accepter le 14 mars l'opération à une faible majorité. Cette majorité est composée de députés de La République en Marche, toute dévouée aux intérêts politiques d'Emmanuel Macron.

Ajoutons que les opposants à la privatisation ont fait valoir le précédent désastreux pour le service public et les usagers qu'a été la privatisation des autoroutes, conduite de 2002 à 2006 sous la présidence Chirac. Ils avaient raison. Mais avec les Aéroports, c'est toute la sécurité du transport aérien en France qui est mise en danger. Dans la concurrence que se font entre eux les aéroports européens, la France  ne sera pas gagnante.

  1. https://www.mediapart.fr/journal/economie/130319/toulouse-blagnac-la-justice-l-assaut-de-la-privatisation-macron,

14/03/2019
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire