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Pourquoi les Etats-Unis refusent-ils d'immobiliser leurs Boeing 737 Max ?

Les intérêts de Boeing l'emportent sur la sécurité

Alors que la plupart des espaces aériens dans le monde ont décidé d'y interdire provisoirement de vol les Boeing 737 Max, en attendant les résultats de l'enquête concernant les causes de la chute de deux de ces appareils, appartenant respectivement à Lion Air et à Ethiopian Airlines, la FAA (Federal Aviation Administration), les compagnies américaines Southwest Airlines, American Airlines et United, grosses utilisatrices de Boeing 737 Max, ont décidé de ne pas les « clouer au sol », selon l'expression consacrée. Le Canada a suivi leur exemple.

Pourquoi prennent-elles ce risque ? Probablement parce que dans la concurrence sans merci qui oppose Boeing à Airbus, elles ne veulent pas donner à ce dernier la possibilité d'augmenter ses ventes de A320 neo qui occupe une moitié du marché concernant ce type d'appareil. Boeing est la dernière des grandes entreprises industrielles américaines qui exportent encore. De plus il joue un rôle essentiel dans la fourniture d'appareils militaires à l'US Air Force et dans l'étude de nouveaux types d'armement. Il est clair que ses désirs sont des ordres pour la FAA. La mise en danger éventuelle des passagers des compagnies américaines continuant à utiliser le Boeing 737 Max n'est en rien leur souci prioritaire.

Dans le même temps, Boeing a annoncé que dans les prochaines semaines, il allait doter les contrôleurs de vol de ses appareils de nouveaux logiciels censé les protéger des erreurs probables ayant provoqué la chute des deux Boeing 737 Max et faciliter leur utilisation par les pilotes. Néanmoins, il a affirmé que les 737 actuellement en service étaient « perfectly safe » c'est-à-dire parfaitement sûrs. On constate cependant que beaucoup de passagers des compagnies américaines concernées n'en sont pas convaincus et ont annulé leurs réservations.

Les actionnaires de Boeing n'en semblent pas convaincus davantage. Depuis le dernier accident, le cours de l'action a chuté d'environ 10%. Reste donc à savoir si les commandes massives de 737 Max (soit 5.000 environ) attendues de compagnies américaines ou étrangères seront toutes confirmées. Rappelons que lors de son dernier séjour à Hanoï, Donald Trump et le PDG de Boeing avaient posé ensemble pour célébrer la commande de 100 737 Max par une compagnie vietnamienne. Rappelons aussi que les carnets de commande d'Airbus concernant les A320 neo sont pleins pour plusieurs années.

Dans un domaine voisin, la privatisation de ses aéroports, la France risque de constater que là aussi la sécurité des passagers et résidents voisins risque d'être sacrifiée aux profits des concessionnaires.

MAJ au 14/03

Donald Trump s'est finalement résolu mercredi 13  à immobiliser les avions 737 MAX 8 et 737 MAX 9 après des jours de pression internationale et politique.

MAJ au 15/03

Des fautes inadmissibles de Boeing 
https://www.asiatimes.com/2019/03/article/boeing-paying-price-for-disastrous-mistakes/

13/03/2019
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