Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

A la poursuite de la matière noire. Nouvelle approche

Depuis des décennies les physiciens ont essayé d'observer la  matière noire, notamment grâce à son influence sur la matière ordinaire, mais ils n'y étaient pas parvenus. Aujourd'hui une nouvelle approche devrait permettre d'en savoir plus.

L'on nomme matière noire une mystérieuse matière qui est supposée constituer environ 80% de notre univers. Contrairement à la matière ordinaire, celle dont est faite l'univers visible, lui-même incluant les humains, elle est invisible. Rappelons que l'univers, selon les dernières observations du satellite Planck, serait composé non seulement de matière, visible ou invisible, mais à 68% environ d'une énergie elle-même non observable, dite aussi énergie noire. Ce serait celle-ci qui lui aurait permis de se dilater (expansion de l'univers) depuis sa supposée création.

Les théories de la physique des particules suggèrent que la matière noire est faite elle-aussi de particules. Ce serait les WIMP ou weakly interactive massive particles. Ils auraient une masse équivalente à celle d'un atome de matière ordinaire, mais seraient très peu nombreux...ce qui s'explique car s'ils l'étaient davantage, ils devraient former une matière aussi dense et donc aussi observable, que la matière ordinaire. Ils se déplaceraient dans l'univers à des vitesses de centaines de kilomètres par seconde. Très rarement cependant ils pourraient rencontrer des noyaux atomiques de la matière ordinaire, ce qui se traduirait par un déplacement de ceux-ci au sein de l'atome.

Depuis une trentaine d'année, de nombreuses expériences ont été faites afin de les détecter. Le principe consiste à observer en laboratoire des noyaux de matière, dans l'espoir que certains d'entre eux pourraient être affectés par la rencontre avec une Wimp. Des dispositifs coûteux ont été mis en place tel que le laboratoire National du Gran Sasso en Italie. Celui-ci est souterrain pour éviter

la rencontre avec des particules de matière ordinaire plus fréquentes en surface. Or ces laboratoires n'ont détecté à ce jour aucune anomalie qui laisserait supposer le passage d'un WIMP. Ils devraient être dotés d'appareils plus sensibles.

En attendant, d'autres cosmologistes théoriciens, tels que Sebastien Baum de l'Université de Stockholm, explorent d'autres façons permettant de détecter l'interaction de la matière avec des Wimp. L'une consiste à rechercher dans des minéraux anciens, datant éventuellement de 4 Milliards années, la trace qu'y auraient laissée des collisions avec des particules de matière noire. Pour cela, ils comptent utiliser ce qu'ils nomment des paléo-détecteurs. On pourra consulter à ce sujet un article que Baum et ses collègues viennent de publier à la date du 26 février 2019 dans arxiv sous l'intitulé Searching for Dark Matter with Paleo-Detectors ;

Les traces fossiles laissées par la collision avec une particule de matière noire s'étant produite depuis plusieurs milliards d'années seraient extrêmement petites. Mais elles pourraient aujourd'hui être détectées avec des méthodes faisant appel aux nanotechnologies, telles que la microscopie à rayons X. Des essais à petite échelle devraient être entrepris avant la fin de l'année 2019.

Ajoutons que si elles ne donnaient aucun résultat, il faudrait s'interroger sur l'existence de la matière noire. Rappelons qu'il existe d'autres hypothèses cherchant à expliquer les anomalies gravitationnelles, telle celle de la MOND ou Dynamique Newtonienne modifiée.

Référence

Sebastien Baum. Article dans le NewScientist

28/02/2019
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire