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Sociopolitique. Aptitude à prendre de bonnes décisions dans un groupe.

Un groupe constitué de décideurs individuels en relation est-il plus apte à prendre de bonnes décisions que ne le sont ces décideurs individuels pour leur propre compte.

La question se pose en permanence dans la vie sociale. Ainsi dans le domaine de la spéculation en bourse, des spéculateurs se mettant d'accord pour faire des choix communs obtiendraient-ils de meilleurs résultats que s'ils continuaient à spéculer pour leur compte ? Concernant la vie animale, la réponse généralement donnée est sans ambiguïté. Un groupe, tel qu'une meute de loups ou un essaim d'abeilles, est plus efficace pour répondre aux défis de l'environnement que ne le seraient des loups ou des abeilles pris individuellement. Cependant, le groupe n'a pas de cerveau en propre, au contraire des loups et des abeilles à titre individuel. Comment ferait-il preuve d'une intelligence supérieure aux individus qui le composent.

En sociologie humaine, la plupart des cas étudiés semblent montrer que le groupe fait en général de meilleurs choix pour l'intérêt collectif que ceux auxquels procèdent les individus en ce qui concerne leur propre intérêt. Ainsi l'actualité montre que dans la lutte contre le réchauffement climatique la plupart des personnes concernées choisissent leur propre intérêt, par exemple continuer à utiliser des combustibles fossiles moins chers et plus commodes d'accès que les combustibles de synthèse. Ils sont cependant persuadés qu'ils font un mauvais choix au regard de l'intérêt général, compte-tenu des consignes diffusées à cet égard par les réseaux de communication et qu'ils connaissent parfaitement. Une décision collective prise en ce domaine, telle que surtaxer l'essence et le pétrole, aurait de meilleurs résultats au vue de l'intérêt collectif, car personne ne pourrait y échapper.

Les exemples en sens contraire ne manquent pas. C'est le cas des décisions imposées par des groupes de pressions capables d'influencer en vue de leur propre avantage les décideurs individuels. Mais il s'agit là d'un problème différent que la question posée en début de cet article ne peut pas aborder sauf à soulever d'interminables débats politiques. Dans le cas des loups et des abeilles, ll semble bien que le groupe fasse de meilleurs choix pour l'intérêt collectif que ne le feraient les loups et les abeilles à titre isolé.

La recherche faisant l'objet de l'article référencé ci-dessous publié par Science advances pense pouvoir montrer que les systèmes centralisés prennent de meilleures décisions que les systèmes autonomes, mais ceci à une condition. Il faut que ces systèmes centralisés soient constitués d'éléments dits semi-autonomes, c'est-à-dire dotés de plus de capacité à décider que des éléments individuels pris un à un. Autrement dit, pour rester dans l'exemple de la lutte contre le réchauffement climatique, celle-ci se fera plus efficacement au niveau de la société toute entière. Mais il faudra cependant que celle-ci s'appuie sur des groupes semi-autonomes visant le même but, mais libres de choisir leur propre politique au service de ce but.

On dira que ceci peut paraître évident et n'a pas besoin de recherches mathématiques complexes pour être démontré, mais en bonne logique une démonstration scientifique devrait être plus convaincante que des affirmations individuelles dans tel ou tel sens.

Références

1) Voir Science advances

Getting closer to the goal by being less capable

Abstract

Understanding how systems with many semi-autonomous parts reach a desired target is a key question in biology (e.g., Drosophila larvae seeking food), engineering (e.g., driverless navigation), medicine (e.g., reliable movement for brain-damaged individuals), and socioeconomics (e.g., bottom-up goal-driven human organizations). Centralized systems perform better with better components. Here, we show, by contrast, that a decentralized entity is more efficient at reaching a target when its components are less capable. Our findings reproduce experimental results for a living organism, predict that autonomous vehicles may perform better with simpler components, offer a fresh explanation for why biological evolution jumped from decentralized to centralized design, suggest how efficient movement might be achieved despite damaged centralized function, and provide a formula predicting the optimum capability of a system's components so that it comes as close as possible to its target or goal.

2) Voir aussi Quantamagazine
Smarter Parts Make Collective Systems Too Stubborn  (lire Too stubborn dans le sens de "aussi tenace")

27/02/2019
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